La migration vers Téléconduite 2000

 

Le Programme Téléconduite 2000 doit faire face à un double challenge :

  • Faire cohabiter l’ancien et le nouveau réseau de téléconduite,
  • Assurer la migration des EA vers le nouveau réseau de téléconduite tout en assurant la continuité du service.

Or, revers de la médaille de la richesse du produit ARTERE, le raccordement d’un EA à ARTERE est une opération assez lourde et le LCA(1) n’est disponible que sur des systèmes d’exploitation de type UNIX récents. La décision sera donc prise de ne pas raccorder directement à ARTERE les équipements du palier SDART, à une exception près : les CACQ qui serviront de passerelle dans les dispatchings entre l’ancien et le nouveau monde(2).

Le Programme Téléconduite 2000 comportait 4 étapes.

L’étape 1 (1996-1998) était essentiellement consacrée à la mise en place de l’infrastructure ARTERE : réseau X25, Stations Réseau, Centre d’Administration du Réseau et développement d’une version du CACQ connectée à ARTERE : le CACQN. Le déploiement des premiers EA connectés à ARTERE commençait : les PEXI (3).
L’étape 2 (1998-2000) voyait le début du déploiement des équipements de terrain au niveau de la production thermique et hydraulique.
L’étape 3 (1999-2003) se caractérisait par le remplacement du SCADA du Dispatching National, le SYSDIC, et par la fin des déploiements des PEXI et des équipements pour la production Hydraulique.
L’étape 4 (2003-2005) était dominée par le renouvellement des SCADA des Dispatchings Régionaux, les SIRC : cela fera l’objet du projet SRC.

 

Ce planning d’ensemble va connaître des glissements, dus pour certains à des difficultés techniques, pour d’autres à des changements d’organisation. Le changement majeur résulte de la création de RTE(4) en 2000 et de la séparation des activités de transport et de production qui en découlent. Le développement des équipements de production quitte le domaine technique du Programme Téléconduite 2000 et les interfaces entre la téléconduite et les centrales seront désormais gérées de façon contractuelle entre RTE et les Producteurs.
Au niveau des SCADA, le Dispatching national et les Dispatchings régionaux avaient des besoins dont une partie était commune. Les difficultés du projet CRC ont amené la direction du Pôle SEPR(5) à une certaine prudence et à ne pas lancer simultanément leur rénovation. Le SNC a été choisi, car d’une part il présentait, a priori, une complexité moindre que celle des régionaux ( Un site unique, pas de télécommande, pas de gestion élaborée d’alarmes réseaux…) et d’autre part le SYSDIC n’avait pas suivi de cure de rajeunissement à l’instar du SIRC.

Figure 1 : architecture cible de la téléconduite à l’horizon 2008 : correspond grosso modo à l’étape 4 du programme Téléconduite 2000 (source : Schéma Directeur National de la Téléconduite de 2004)

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(1) Logiciel de connexion à ARTERE …….
(2) D’autres passerelles seront développées par la suite : la PEE passerelle d’échanges avec l’extérieur pour échanger avec les autres GRT, P2TR passerelle d’échange avec les producteurs, la PER, passerelle d’échange régionale.
(3) Pupitre d’Exploitation Informatisé : en fait un petit SCADA qui remplace les calculateurs de PCG, les EDT. Il permet la conduite des PA depuis le PCG.
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(4) Réseau de Transport Electricité : Gestionnaire du Réseau de Transport d’Electricité au sens des directives européennes sur la régulation du marché de l’électricité.
(5) Système Electrique et production Régionale : un des pôles constituant la Direction EDF Production Transport.
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Les principes directeurs du projet SRC

Les principes directeurs du projet SRC

Le projet SRC a bénéficié, au cours de ses différentes phases, de la présence de personnes ayant joué des rôles clé dans les projets précédents (90-40, SIRC, CRC). Au-delà de la capitalisation au niveau de l’entreprise – qui reste toujours très faible et parcellaire, voire ignorée (les temps ont changé, les prédécesseurs étaient moins performants,…) – le vécu des personnes est un atout pour la construction d’une référence de travail.

L’examen des différentes phases du projet a donc permis de dégager des principes dans les domaines suivants :

Les essais et les recettes

Les projets précédents avaient permis d’identifier que c’était un point faible récurrent, conduisant à des déconvenues lors des installations sur site. Il est donc décidé :

  • Qu’une recette en plate-forme EDF sera intercalée entre la réception usine et la livraison sur site pilote,
  • Que la télécommande devra pouvoir être testée off-line. La solution retenue est de simuler la réaction du réseau de téléconduite avec le simulateur d’entraînement des dispatcheurs, ce qui impose de développer une connexion entre ce simulateur et le SRC.

Les déploiements :

C’est une phase du projet particulièrement compliquée à gérer puisqu’elle mobilise à la fois l’équipe de projet nationale et les ressources humaines régionales. Il est décidé :

 
  • Un déploiement qui soit dans une logique de difficultés croissantes. Commencer par un petit site avec peu de particularités favorise une première étape de fonctionnement et permet d’engranger du retour d’expérience pour des sites plus importants en taille. Par ailleurs, les évolutions des bases de données (modifications de la structure, récupération du passé) nécessaires pour l’optimisation du système sont une épreuve d’autant moins contraignante que la base est moins volumineuse. Il a donc été choisi de commencer par Lille, puis d’enchaîner avec un site ayant une grosse base de données (ce sera Paris).
  • D’anticiper le peuplement de la base de données de chaque site, ce qui revient à livrer sur site le système de configuration 16 mois avant la migration (1)!
  • De lisser les charges humaines de déploiement en imposant au fournisseur des contraintes dans l’établissement du planning de déploiement (ex : pas de formation ou de migration en juillet-août).
  • La migration : pour le besoin des recettes sur site, il apparaît nécessaire de pouvoir faire fonctionner en parallèle l’ancien et le nouveau système. Il est donc décidé de faire développer pour chacun d’eux un mode dit passif dans lequel le système est connecté au réseau de téléconduite, fonctionne normalement mais ne peut rien émettre (et en particulier des télécommandes).

 La formation :

il est décidé :

  • que la formation des dispatcheurs aura lieu in situ, donc juste avant le début des opérations de migration, ce qui évitera des piqures de rappel en cas de décalage de la migration,
  •  que l’équipe nationale de projet formera, par site, des formateurs régionaux qui seront chargés de démultiplier leur formation,
  •  que la formation des agents tenant à jour la base de données et assurant l’administration des systèmes sera confiée au fournisseur (il en sera de même en phase de maintenance)

La maintenance des matériels :

le partage des responsabilités entre EDF et le fournisseur sont déjà définis à ce niveau, ce qui permet de dimensionner les lots de maintenance sur site.

Ces principes serviront de base pour la rédaction des exigences du cahier des charges relatives au plan de déroulement, aux fournitures (matérielles, logicielles et services) et à certains aspects techniques (réalisation d’un mode de fonctionnement passif du SRC par exemple).

 

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(1) On appelle migration l’ensemble des opérations à mener pour faire basculer la conduite de l’ancien vers le nouveau Système

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