maquette Strowger

Le commutateur Strowger est la première forme de commutateur mise à disposition des télécommunications. De manière générale, un commutateur téléphonique est un dispositif destiné à établir, sans l’aide d’un opérateur humain, une liaison entre deux abonnés d’un central téléphonique. L’appareil en question permet un accès à 100 sorties du sélecteur grâce à un double mouvement d’ascension le long d’un axe vertical et de rotation autour de cet axe.

Ce commutateur est un composant majeur d’un système de téléphonie automatique. Le brevet de base du système Strowger fut déposé en 1889 et le premier autocommutateur fonctionna le 3 novembre 1892 à La Porte (Indiana). Il reliait 75 abonnés. Perfectionnés à plusieurs reprises, ce système très fiable a permis la multiplication d’installations téléphoniques dans le monde entier. En France, le premier autocommutateur équipé d’un commutateur de ce type a été installé en 1913 à Nice. Le dernier autocommutateur public utilisant le commutateur Strowger a été démonté en 1979 à Bordeaux.

Ce commutateur Strowger est présenté sous la forme d’une maquette afin de pouvoir montrer son fonctionnement à des visiteurs. Placé à la verticale, il lui est adjoint deux plaquette en plexiglas. Sur celle de gauche sont placés 4 boutons de fonction : Marche-arrêt ; sélection du N° de dizaine, sélection du N° d’unité ; libération. Sur celle de droite, un tableau de 10 x 10 lampes représente les dizaines et les unités sélectionnées ; ces lampes s’éclairent en fonction de la position du commutateur.
Cette présentation met en évidence le fonctionnement par impulsions manuelles initial du commutateur Strowger . Ultérieurement, le cadran téléphonique viendra remplacer avantageusement le système à impulsions initial.

Utilisation :
Chaque abonné, lorsqu’il décroche le combiné, est relié à un équipement sélecteur Strowger. Puis, quand l’abonné compose le premier chiffre du numéro qu’il veut obtenir à l’aide de son cadran,chaque impulsion émise par le cadran provoque l’ascension d’un niveau du sélecteur.

Pendant que le cadran revient au repos, le sélecteur tourne autour de son axe vertical et s’arrête sur la première sortie du niveau. L’abonné compose alors son deuxième chiffre qui provoque de même la translation du sélecteur relié à cette sortie.
Le sélecteur est muni de balais qui établissent les contacts nécessaires sur des bancs reliés aux fils du correspondant demandé, permettant ainsi l’établissement de la communication.

Ces sélecteurs ont assuré des fonctions de commutation dans les autocommutateurs complexes. Associés en étage Ils peuvent permettre d’assurer une commutation au niveau de 10 000 correspondants.

Aucun autocommutateur privé d’EDF n’a été équipé avec ce type de commutateur. Sa présentation au sein d’ESTEL sous la forme d’une maquette est justifiée par le fait que c’est le représentant du premier palier technique des commutateurs téléphoniques. Lui ont succédé plusieurs évolutions : le rotatif, le crossbar, la commutation spatiale, la commutation temporelle, la commutation IP ou commutation de paquets.

Aspects Physiques :
Longueur : 40 cm Largeur : 20 cm Hauteur : 32 cm Poids : 4 kg Couleur : noir Matériaux : Métal; Plastique Plexiglas,

Les difficultés pour téléphoner dans les années 1960

Maintenant que quasiment tout le monde dispose d’un portable et s’irrite lorsque la réception n’est pas parfaite ou qu’une coupure malencontreuse survient, il est bon de se rappeler ce qu’était le téléphone il y a une cinquantaine d’année.

Jusqu’à la disparition du CRTT Massif Central, le trafic du siège de Saint-Étienne avec son sous-groupe de Limoges a été très difficile par le réseau téléphonique PTT. Les délais d’attente pour avoir la communication dépassaient souvent l’heure et lorsque l’on avait la chance de l’obtenir, notre optimiste était aussi douché par la standardiste PTT qui annonçait,  sur un ton pas toujours agréable,  « vous avez Limoges pour 6 minutes ».

Comme illustration des difficultés du téléphone, on peut aussi revoir le sketch de Fernand Reynaud le 22 à Asnières. Il est à noter que, pour les plus jeunes d’entre nous, avant l' »automatique » on entrait en correspondance avec une personne des PTT à qui l’on donnait le numéro de poste que l’on souhaitait obtenir, le xx dans telle commune (le 22 dans la commune d’Asnières, dans le cas du présent sketch). Le relationnel, quelque fois délicat, avec le personnel des PTT a aussi été mis en évidence dans le sketch le télégramme interprété par Yves Montand

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Annecdote sur le relevé systèmatique de mesures

Après guerre, les valeurs de la tension barres du poste de Vénissieux sont transmises toutes les heures par téléphone au dispatching de Lyon.

Certaines valeurs sont manifestement trop élevées, mais la vérification du capteur et du transformateur de tension ne révèle pas d’anomalie.

Jeune ingénieur arrivé au service exploitation, il m’est demandé de trouver l’origine du défaut. Je pars donc à bicyclette (nous sommes en 1948) à Vénissieux et constate qu’un tableautiste confond parfois le chiffre de la tension barres (environ 220 kV) avec celui de la tension de la batterie du poste (de l’ordre de 220 à 240 volts).

Ce fut, si l’on peut dire, une intervention sur une télémesure parlante!

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