Poste mobile TRT RMS 5080

Description :
Le poste radio mobile « TRT RMS 5080 A » se présente sous forme d’un boitier métallique destiné à être mis en place dans un véhicule. Il comprend en face avant les commandes nécessaires à l’établissement et à la gestion des communications, notamment un clavier de numérotation. Fonctionnant en modulation de fréquence dans la bande des 70-80 MHz, il était destiné à l’équipement des Centres de Distribution EDF. Au moment où le réseau « RAMAGE » prévu pour constituer la future infrastructure radiotéléphonique d’EDF était encore en phase de test et où apparaissaient des besoins impératifs d’extension des réseaux traditionnels, le poste mobile objet du présent article était conçu pour s’intégrer aux réseaux existants et être adapté ultérieurement à la norme Ramage ; ce poste mobile (dit « ramagisable ») témoigne à la fois pour les réseaux traditionnels et l’évolution vers Ramage.

 

Utilisation :
Le réseau radiotéléphonique EDF assurait une couverture du territoire national grâce à des réseaux élémentaires indépendants comportant chacun un ou plusieurs relais. Au total environ 500 relais et 15 000 postes mobiles ont été en service.
Afin de faire face à l’évolution des besoins, un nouveau réseau appelé « Ramage », a été étudié à partir de 1974. C’était un réseau cellulaire à localisation automatique des mobiles,  dans lequel le système assurait une gestion dynamique d’un ensemble de canaux radio en attribuant un canal disponible à chaque communication entre abonnés; la gestion des communications était assurée par un canal spécialisé dit « sémaphore ». Ce système cellulaire à ressources partagées qui préfigurait les futurs réseaux radiotéléphoniques publics GSM a été le premier projet de ce type en France.
Ramage était destiné à satisfaire l’ensemble des besoins EDF/GDF en optimisant l’utilisation du spectre radiotéléphonique. La mise en place de Ramage a débuté à titre expérimental en 1983 dans la région Normandie (couverture de 3 départements). Le reste de la France restait alors couvert par les réseaux traditionnels en attendant une décision de généralisation de Ramage. Ces postes n’ont, en fait, jamais été « ramagisés » car le projet, bien que viable au plan technique, a été abandonné à la fois pour des problèmes de coûts et de difficultés à concilier l’ensemble des services utilisateurs.

Aspects Physiques :
Longueur : 27 cm Largeur : 18 cm Hauteur : 6 cm Poids : 2 kg Couleur : noir
Alimentation : 12 V courant continu

La radio-téléphonie

La radio-téléphonie, ou plutôt les radiocommunications mobiles au sein d’EDF ont été très vite nécessaires après-guerre, tant pour des besoins des chantiers complexes ( réalisation des grands ouvrages hydrauliques ) que pour les opérations de maintenance lourde en matière de lignes électriques, mais aussi pour réaliser au sein de la direction de la distribution, les manœuvres d’exploitation en pleine nature, notamment en périodes de difficultés météorologiques.

Jusqu’au milieu des années 50

Par suite d’oppositions politiques et administratives, EDF ne peut cependant obtenir l’autorisation de créer des réseaux radio nationaux « privés » ; seules des utilisations exceptionnelles ou expérimentales ont été possibles.

En 1957

L’administration des PTT, accorde à EDF quelques canaux de trafic en alternat : la Direction d’EDF décide d’assurer une couverture radio nationale pour les besoins de la Distribution, mais utilisable par le Transport.

Au fil des années, cette couverture se met en place sous forme de réseaux comportant généralement un relais situé sur un « point haut ». Sa structure va évoluer en permanence en fonction des besoins, de la couverture, de l’attribution de canaux. Les réseaux radio vont progressivement être utilisés comme supports de télécommande, de téléalarme, de recherche de personnes d’astreinte…

Le matériel utilisé, « à tubes » au début, lourd, encombrant, gros consommateur d’énergie devient transistorisé, se miniaturise, s’allège et se fiabilise.

En 1974

Les réseaux comptent 15 000 mobiles et près de 500 relais, mais les besoins sont mal satisfaits, en particulier pour le Transport. L’administration fait pression pour qu’EDF optimise le spectre utilisé. Un nouveau réseau est mis à l’étude, appelé RAMAGE. A numérotation automatique, utilisable par toutes les Directions, il offre de nombreuses possibilités. C’est un réseau cellulaire à localisation automatique, avec voie sémaphore, optimisant l’utilisation du spectre.

Expérimenté en Normandie, au milieu des années 80, son déploiement s’annonce entre 1986 et 1991. Premier réseau « trunk », Ramage connait beaucoup de difficultés qui conduisent à l’arrêt du projet en février 1988, compte tenu de son coût et de son inadaptation aux télécommandes.

Dans les années 90

Le Transport a, sur une partie du territoire, développé un réseau sur des principes similaires, le RRS (Réseau Radio de Sécurité), malgré son coût d’exploitation élevé dû essentiellement aux liaisons fournies par France Telecom.

A partir des années 2000

Les réseaux GSM qui couvrent pratiquement tout le territoire avec une bonne qualité de service rendent les réseaux privés obsolètes. En cas de difficultés particulières, des liaisons satellites restent utilisables

Cette « saga » des réseaux radio à EDF, puis RTE pour le transport d’électricité, fait l’objet du chapitre 9 du livre « Les télécommunications au cœur du système électrique français 1946-2000 » et de suites à rédiger.

Il est intéressant de comprendre les besoins de communication, et les usages qui ont émergés avec le réseau radio-mobile. Ils préfigurent les usages d’aujourd’hui en terme de mobilité ou de nomadisme professionnel, et l’évolution fondamentale des gestes de travail en construction, en maintenance, en contrôle, dans les postes électriques comme sur les lignes du réseau électrique.

Ultérieurement les articles de cette rubrique donneront accès à ces sujets.