autocommutateur CP25 Ericson

L’autocommutateur téléphonique se présente sous la forme d’’une armoire raccordée à un pupitre opérateur. L’armoire est équipée de plaques, pour la plupart amovibles, comportant des relais électromécaniques et un cadre sélecteur à barres croisées (d’où le nom de Crossbar). Cet équipement appartient à la gamme des autocommutateurs de petite capacité pour des installations téléphoniques privées. Il permet à des postes abonnés la connexion avec d’autres abonnés locaux par appel au cadran et l’’accès sous conditions au réseau téléphonique public.

La particularité de cette génération de matériel est d’’être parmi les premiers équipements privés utilisant la technique Crossbar,  fréquemment employée dans les équipements de téléphonie publique français de grosse capacité. Cette technique Crossbar, au fonctionnement rapide et robuste, ne nécessite pas de réglages, contrairement aux matériels précédents de type R6, moins rapides, moins fiables et demandant un entretien préventif important.

L’’équipement présenté provient du poste EDF Transport d’énergie d’Arlod (74) et était alors équipé d’’une ligne réseau PTT à batterie centrale non automatique (N°274 à Bellegarde), d’’une ligne réseau BCA  (Batterie Centrale Automatique) raccordée au réseau de sécurité d’’EDF et de 11 postes supplémentaires (accès au réseau PTT) et 4 postes privés.
Les autocommutateurs de technique Crossbar ont été installés en grand nombre à EDF (districts de la distribution, postes du transport, ouvrages hydrauliques) à partir de 1957- 1958, jusqu’à ce qu’’ils soient supplantés par des matériels électroniques à partir de 1980 ; certains de ces équipements étaient cependant encore exploités en 1998.

Le CP 25 E  peut desservir 24 postes d’abonnés et 4 lignes réseau. Les postes peuvent être affectés à l’’une des trois catégories :

  • Postes de type Prise directe, qui donnent accès directement au réseau téléphonique public des PTT,
  • Postes de type Supplémentaire, qui ne peuvent établir des communications avec le réseau PTT que via le pupitre opérateur géré par une standardiste,
  • Postes de type Privé, qui ne peuvent établir que des communications locales.

Les 4 emplacements de lignes réseau peuvent chacun recevoir des plaques répondant à différents types d’exploitation des accès au réseau téléphonique public PTT : standard public manuel ou réseau public automatique. Les communications entrantes venant du réseau public sont acheminées par un exploitant depuis le pupitre opérateur vers le poste demandé.
Chaque emplacement réseau peut aussi être utilisé pour assurer une liaison inter automatique avec un autocommutateur privé distant, permettant un appel direct entre les postes abonnés des deux installations.

Le CP 25 E est équipé d’’un sélecteur à barres croisées comportant des barres horizontales et verticales ; ces barres associées aux circuits entrants et sortants sont actionnées par des électroaimants et établissent lors d’’une mise en communication une continuité métallique au point de croisement des barres activées entre l’équipement demandeur et l’équipement demandé (poste d’’abonné vers poste d’’abonné ou vers ligne réseau… et inversement). L’’amplitude des mouvements mécaniques des barres est très limitée. Les sélecteurs sont très fiables et ne nécessitent aucun réglage, de même que les relais qui équipent le système.

Pupitre téléphonique SIEMENS

Vue face

Ce pupitre téléphonique datant du début du XXème siècle se présente sous forme d’un coffret parallélépipédique en bois, avec une face avant en métal comportant des perforations destinés à l’insertion de plugs téléphoniques. Posé sur un bureau, il assurait les relations téléphoniques d’un site industriel ou commercial : liaisons avec des réseaux extérieurs et avec des postes intérieurs, appelés postes supplémentaires (PS). L’exploitation était assurée par un opérateur qui, recevant les appels provenant d’un réseau ou d’un PS, les aiguillait sur le poste demandé, qu’il soit réseau ou PS. au moyen d’un plug;

 

Nota : Le matériel exposé est incomplet ; il manque le combiné téléphonique de l’opératrice, ainsi que la magnéto associée.

Utilisation :
Cette installation téléphonique permet le raccordement de 3 lignes réseaux, de 10 lignes de postes supplémentaires et d’un combiné téléphonique local dédié à l’opérateur. Ce terminal a été utilisé dans l’une des sept usines hydroélectriques de la vallée de la Romanche, entre Vizille et le Bourg d’Oisans. (mises en service entre 1900 et 1918). Un des réseaux était un abonnement PTT, l’autre probablement un réseau privé interne à l’usine.

– L’exploitation est entièrement manuelle ; la signalisation des appels est assurée par un dispositif à relais appelé couramment « lapin ». Un électroaimant sollicité par le courant d’appel issu du réseau ou d’un terminal PS fait chuter le volet du « lapin ». Ce volet ferme un contact qui alimente une sonnerie avertissant l’opérateur d’une demande de communication ; le volet qui a chuté indique la ligne appelante.
– Les lignes intérieures (ou PS) sont raccordées à un terminal téléphonique de type Batterie Locale (BL)

                      vue intérieure                                                        Les lapins

Autocommutateur AOIP STAT 80

L’autocommutateur téléphonique STAT 80/160 se présente sous la forme d’une armoire à laquelle est raccordée un pupitre d’opérateur. Le STAT 80/160 en version 80 peut desservir 80 postes d’abonnés et 16 lignes de réseau public ou privé, ligne inter-automatique avec un autre autocommutateur.

L’armoire est équipée de cartes amovibles comportant des éléments électroniques : calculateur, circuit de connexion, interface d’abonnés, lecteur de disquettes. Ces équipements permettent d’assurer les fonctions demandées à un autocommutateur téléphonique, et ce, de manière automatique, à savoir la mise en relation audio d’interlocuteurs. Il appartient à une génération de matériels dite à commutation temporelle et programme enregistré, dans laquelle les connections sont réalisées après numérisation de la parole selon la technique MIC (Modulation par Impulsion Codées). Les commandes sont assurées par un calculateur appliquant un programme préétabli, contenant en mémoire toutes les informations nécessaires au trafic.
Le programme enregistré permet, d’une part, de faire évoluer le produit (version, ordres de corrections), et d’autre part de modifier le paramétrage des différentes fonctions des réseaux et abonnés, et ce sans toucher au matériel de base.

Le STAT 80/160 de AOIP est un autocommutateur de petite/moyenne capacité développé essentiellement pour équiper les installations téléphoniques privées. Des équipements de ce type ont cependant été installés dans divers centres d’Electricité de France (unités et sous-unités de la distribution, postes du transport, ouvrages hydrauliques) à partir de 1980, pour gérer ses installations téléphoniques internes.

Utilisation :
Cette station permet à des postes abonnés la connexion entrante par appel depuis un terminal téléphonique, avec d’autres abonnés locaux et l’accès sous conditions d’attribution de droits à des réseaux téléphoniques publics ou privés. S’agissant d’une grande évolution par rapport aux autocommutateurs du palier technique précèdent, dit crossbar, il permet de fournir :

– aux utilisateurs, un grand nombre de services complémentaires autorisant l’emploi de terminaux téléphoniques évolués ;
– au gestionnaire de l’installation, des informations détaillées sur le trafic ;
– au responsable de la maintenance, des facilités d’interventions grâce à une RHM (Relation Homme Machine) performante.

Les terminaux téléphoniques raccordés à l’autocommutateur peuvent être affectés de divers possibilités allant de la limitation des communications aux abonnés internes à toutes les fonctionnalités possibles offertes par le matériel et les réseaux. (Voir à ce sujet la notice d’utilisation STAT en document pdf. à ouvrir :clic sur » notice-utilisateur »)
Les lignes réseaux peuvent être exploitées différemment selon des horaires prédéfinis : exploitation par le standard ou un pupitre opérateur, renvoi sur un ou plusieurs terminaux.
Les caractéristiques techniques et les fonctionnalités des différentes lignes de terminaux téléphoniques sont définies et stockées dans une mémoire dans laquelle le calculateur vient chercher les données qui lui permettront d’effectuer les commandes nécessaires aux mises en communication demandées. Toutes ces données sont paramétrables par le technicien gestionnaire au moyen du pupitre opérateur exploité en position RHM.
Les autocommutateurs de cette technologie ont été installés à EDF (districts de la distribution, postes du transport, ouvrages hydrauliques) dans la première moitié de la décennie 1980, jusqu’à ce qu’ils soient supplantés par des matériels électroniques plus performants. Certains de ces équipements étaient cependant encore exploités en l’an 2000.
Les fonctionnalités dont disposent les utilisateurs sont explicités dans le document

ci-contre : notice-utilisateur

Pupitre d’exploitation

Le pupitre d’exploitation
Le pupitre AOIP pour le STAT 80 se présente sous la forme d’un coffret de faible épaisseur dont la face supérieure, est équipée de boutons, voyants, de deux visualiseurs et d’un bloc téléphonique à 16 touches. Il est raccordé à l’armoire de l’autocommutateur par un câble téléphonique souple multiconducteurs.. Ce pupitre est alimenté par son armoire associée.

Sa fonction est double :
– d’une part, il joue le rôle de pupitre de commande de l’autocommutateur associé. Il permet à l’opératrice (ou à l’opérateur), d’assurer le suivi de toutes les communications extérieures de l’installation téléphonique : le traitement des communications arrivées et celles de départ, les mises en attente (ou en garde) de ces communications, le transferts des appels sur des terminaux prédéterminés (renvois de nuit), etc. ;
– d’autre part, après un basculement particulier, il initie l’utilisation en RHM (Relation Homme Machine), ce qui permet d’assurer les changements de paramétrage des terminaux reliés à l’autocommutateur et une maintenance partielle de l’autocommutateur.

Aspects Physiques :
Longueur : 52 cm Largeur : 62 cm Hauteur : 115 cm Couleur : gris Matériaux :Fer; Métal; Composants électroniques;


vue intérieure

 

Attachements

Maquette R6

Vue de la maquette

Un commutateur téléphonique R6 est, d’une manière générale, un dispositif destiné à établir de façon automatique une liaison entre deux éléments internes d’un central téléphonique. L’appareil en question est dit « à 50 points » (en réalité 51 avec la position de repos), car il permet de relier mécaniquement une entrée aux 50 sorties potentielles. La commande est exécutée grâce à un mouvement de rotation point par point, de type roue à rochet. Le sélecteur R6 est muni de micro-balais  qui établissent les contacts nécessaires sur des bancs reliés aux fils du demandé, permettant ainsi l’établissement de la communication entre demandeur et demandé. (voir image ci dessous)

Détail du rotatif

Ce commutateur est un composant majeur de plusieurs systèmes de téléphonie automatique publique et de téléphonie privée (appelés PABX). Le brevet de base date de 1926 et fut déposé par l’entreprise Thomson Houston. L’idée est de simplifier le dispositif de commutation Strowger et de produire des autocommutateurs à un coût inférieur.
Ce commutateur rotatif R6 est présenté sous la forme d’une maquette en plexiglas afin de pouvoir montrer son fonctionnement à des visiteurs. Pour ce faire, il lui est adjoint une plaquette comportant plusieurs boutons de fonction avec voyant et un cadran téléphonique. Le visiteur peut ainsi activer les fonctions : Marche-arrêt ; fonctionnement pas à pas ; rotation libre ; remise à zéro.

Utilisation :
En France, le premier autocommutateur public équipé du commutateur de ce type a été installé en 1928. Le dernier autocommutateur a été arrêté en 1984 (à Montrouge).
Des autocommutateurs privés à base de R6 ont été fabriqués jusqu’en 1956. A partir de cette date, ils ont été supplantés par les systèmes crossbar qui fonctionnent avec une plus grande fiabilité et nécessitent moins d’entretien que les systèmes R6. Ce fut le cas pour les réseaux internes d’EDF, tant pour les PABX que pour les autocommutateurs du réseau téléphonique de sécurité.

Les commutateurs rotatifs assurent des fonctions de commutation dans les autocommutateurs complexes. Ils sont souvent associés par paires pour assurer une commutation au niveau d’une centaine de correspondants.

Nota : Le rotatif R6 ne permet pas le fonctionnement en pas à pas nécessaire pour accepter la numérotation au cadran. Ces rotatifs sont alors associés à des commutateurs rotatifs à 11 points (une position de repos et 10 autres positions pour les 10 chiffres du cadran), qui eux fonctionnent en mode pas à pas. Ils assurent alors la fonction de connexion entre demandeur et demandé.

Aspects Physiques :
Longueur : 34 cm Largeur : 20 cm Hauteur : 40 cm Poids : 7 kg Couleur : plexiglas et cuivre Matériaux : Cuivre; Métal; Plastique Plexiglas,;

Vue de face de la maquette

Un roto

relais telephonique LMT

Le relais téléphonique sélectif LMT est monté sur une plaque isolante, couverte d’un capot transparent. La bobine du relais est visible ainsi qu’un mécanisme de décodage. Sur le côté de la plaque est monté un bornier de raccordement à vis.
Ce relais sélectif est un composant majeur d’un système de téléphonie dit « sélectif » comportant un poste central relié à une ligne téléphonique extérieure sur laquelle sont placés en dérivation des postes secondaires (voir le schéma d’une installation). Tous les postes secondaires sont munis d’un relais téléphonique sélectif (dit sélecteur) pour recevoir les appels. La sonnerie du poste secondaire sélectionné par le poste central est actionnée par le sélecteur sans que les sonneries des autres postes fonctionnent; l’opérateur du poste secondaire décroche son appareil, il est alors en communication avec le poste central.

Utilisation :
Ce type de relais était utilisé dès les années 1910 dans les chemins de fer américains pour permettre l’appel sélectif des diverses stations échelonnées sur une ligne. Les postes téléphoniques étaient placés en dérivation sur une ligne téléphonique à deux fils.
Un rapport présenté à la CIGRÉ (Conférence Internationale des Grands Réseaux Électriques) en 1925 mentionne l’utilisation de ce sélecteur par la Compagnie Western Electric dans un système de téléphonie à courants porteurs sur lignes à haute tension de 110.000 volts servant à joindre les postes à haute tension en dérivation sur la ligne.


Dans les années 1930, ce relais, de fabrication « “Le Matériel Téléphonique »” (LMT), brevet Westinghouse.  était utilisé dans les systèmes téléphoniques à appels sélectifs des réseaux électriques, (par exemple en 1936 par la Société Générale Force et Lumière (SGFL) à Grenoble). Ces systèmes permettaient d’appeler depuis les dispatchings, les centrales hydrauliques et les postes situés le long des vallées alpines. Les techniciens des télécommunications de l’époque appelaient ce matériel le « sélectif américain ».

Caractéristiques techniques et fonctionnement:
Le relais sélectif comporte un électroaimant polarisé dont l’armature reçoit des impulsions alternées de courant continu (inversion de polarité) émises par le poste central qui font progresser pas à pas une roue-code qu’un ressort antagoniste tend constamment à ramener au repos. La sélection du relais est établie pour un total de 17 impulsions groupées en 3 trains envoyés successivement avec un intervalle entre chaque train : par exemple : 2-2-13, 4-2-11,13-2-2…(utilisation des nombres 2 à 13) Chaque série de 17 impulsions correspond à un poste secondaire. On peut réaliser 78 combinaisons différentes.
Chaque relais sélectif n’arrive à la position d’appel qu’après avoir reçu trois séries d’impulsions déterminées. Trois goupilles d’arrêt sont positionnées sur la roue-code. Après la première série d’impulsions, la première goupille du relais sélectionné est engagée par un levier qui bloque la roue alors que les roues des autres relais reviennent au repos. Pendant la deuxième série d’impulsions la roue code continue son mouvement et met la deuxième goupille en prise. La troisième série agit de même, de telle façon que la troisième goupille vient à son tour s’engager dans le levier ; le sélecteur a alors atteint la position 17 pour laquelle le circuit de sonnerie local est fermé. Un poste téléphonique et un seul est ainsi sonné en toute sécurité Une 18ème impulsion émise ensuite ramène au repos le sélecteur du poste appelé. Chaque sélecteur peut être programmé pour n’importe quel indicatif par le déplacement des deux premières goupilles de la roue-code, la troisième étant fixe à la 17ème position, On peut aussi lancer un appel général en émettant un seul train sans interruption de 17 impulsions.
La tension de la batterie d’appel située au poste central doit être dimensionnée pour assurer le fonctionnement du poste secondaire le plus éloigné. A titre d’exemple, pour une ligne téléphonique présentant une résistance en boucle de 1000 ohms desservant 30 postes secondaires la tension de la batterie d’appel doit au minimum être de 78 volts.

maquette Strowger

Le commutateur Strowger est la première forme de commutateur mise à disposition des télécommunications. De manière générale, un commutateur téléphonique est un dispositif destiné à établir, sans l’aide d’un opérateur humain, une liaison entre deux abonnés d’un central téléphonique. L’appareil en question permet un accès à 100 sorties du sélecteur grâce à un double mouvement d’ascension le long d’un axe vertical et de rotation autour de cet axe.

Ce commutateur est un composant majeur d’un système de téléphonie automatique. Le brevet de base du système Strowger fut déposé en 1889 et le premier autocommutateur fonctionna le 3 novembre 1892 à La Porte (Indiana). Il reliait 75 abonnés. Perfectionnés à plusieurs reprises, ce système très fiable a permis la multiplication d’installations téléphoniques dans le monde entier. En France, le premier autocommutateur équipé d’un commutateur de ce type a été installé en 1913 à Nice. Le dernier autocommutateur public utilisant le commutateur Strowger a été démonté en 1979 à Bordeaux.

Ce commutateur Strowger est présenté sous la forme d’une maquette afin de pouvoir montrer son fonctionnement à des visiteurs. Placé à la verticale, il lui est adjoint deux plaquette en plexiglas. Sur celle de gauche sont placés 4 boutons de fonction : Marche-arrêt ; sélection du N° de dizaine, sélection du N° d’unité ; libération. Sur celle de droite, un tableau de 10 x 10 lampes représente les dizaines et les unités sélectionnées ; ces lampes s’éclairent en fonction de la position du commutateur.
Cette présentation met en évidence le fonctionnement par impulsions manuelles initial du commutateur Strowger . Ultérieurement, le cadran téléphonique viendra remplacer avantageusement le système à impulsions initial.

Utilisation :
Chaque abonné, lorsqu’il décroche le combiné, est relié à un équipement sélecteur Strowger. Puis, quand l’abonné compose le premier chiffre du numéro qu’il veut obtenir à l’aide de son cadran,chaque impulsion émise par le cadran provoque l’ascension d’un niveau du sélecteur.

Pendant que le cadran revient au repos, le sélecteur tourne autour de son axe vertical et s’arrête sur la première sortie du niveau. L’abonné compose alors son deuxième chiffre qui provoque de même la translation du sélecteur relié à cette sortie.
Le sélecteur est muni de balais qui établissent les contacts nécessaires sur des bancs reliés aux fils du correspondant demandé, permettant ainsi l’établissement de la communication.

Ces sélecteurs ont assuré des fonctions de commutation dans les autocommutateurs complexes. Associés en étage Ils peuvent permettre d’assurer une commutation au niveau de 10 000 correspondants.

Aucun autocommutateur privé d’EDF n’a été équipé avec ce type de commutateur. Sa présentation au sein d’ESTEL sous la forme d’une maquette est justifiée par le fait que c’est le représentant du premier palier technique des commutateurs téléphoniques. Lui ont succédé plusieurs évolutions : le rotatif, le crossbar, la commutation spatiale, la commutation temporelle, la commutation IP ou commutation de paquets.

Aspects Physiques :
Longueur : 40 cm Largeur : 20 cm Hauteur : 32 cm Poids : 4 kg Couleur : noir Matériaux : Métal; Plastique Plexiglas,

Table de mesures et d’essai

Vue avant de table de surveillance

Cette table d’essai téléphonique de marque Ericsson se présente sous la forme d’un grand panneau mural adossée à un bureau, l’ensemble constituant un poste de travail spécialisé.

Elle comporte sur le panneau vertical :
– 3 appareils de mesure, dont un voltmètre d’amplitude 0 à 60 Volts, un milliampèremètre d’amplitude 0 à 60 milliampères, un contrôleur de cadran (vitesse, rapport) ;
–   un rhéostat de 220 Volts pour le réglage de la tension d’appel ;
–  un panneau de voyants de signalisation et de boutons permettant un suivi de l’utilisation des équipements et la mise hors service de circuits de l’autocommutateur ;
–   un pupitre à clefs permettant diverses manœuvres sur les lignes téléphoniques ;
–   un combiné téléphonique additionné d’un cadran ;
–   des boutons et plots de prise de tension.

Sur la table est installé un dispositif de mesure (pont de Wheatstone) permettant des mesures de résistance et d’isolement des circuits à commuter.

Détail des voyants et commandes

Utilisation :
Associé à un autocommutateur de type crossbar CP400, placé à coté du répartiteur et raccordé à celui-ci, ce matériel permettait la maintenance des lignes et des organes internes de cet autocommutateur. Le constructeur livrait systématiquement cet équipement associé à un autocommutateur public de type crossbar et à un autocommutateur privé de ce type dès lors que le nombre de lignes était important.

 

La table a été livrée à Lyon en 1968, associée à un autocommutateur privé de 800 lignes d’abonnés, 60 lignes réseau de toute nature qui alimentait les organismes d’EDF placés sous l’autorité du poste de commande de Lyon.

Utilisation :
Le personnel assurant la maintenance de l’autocommutateur disposait des possibilités suivantes :

– surveillance du trafic et du fonctionnement interne de l’autocom par visualisation de toute la chaîne d’établissement d’une communication avec accès aux principaux éléments de cette chaîne ;
– établissement d’un diagnostic de dérangement ;
– mise hors service d’éléments signalés comme défectueux ;
– intervention sur les lignes d’abonnés, tant côté autocommutateur que côté ligne et terminal.

Aspects Physiques :
Longueur : 35 cm Largeur : 108 cm Hauteur : 135 cm Couleur : bois verni

Le code multifréquence SOCOTEL

L’établissement et la fin des communications téléphoniques se font à l’aide d’échanges d’informations entre demandeur et demandé.

Rappel de terminologie

Signaux vers l’avant/vers l’arrière

On distingue les « signaux vers l’avant » qui vont du demandeur vers le demandé et les « signaux vers l’arrière » qui vont du demandé vers le demandeur.

Signaux dans bande/hors bande

Les signaux dans bande sont des signaux dont la bande passante est incluse dans la bande téléphonique, ce sont en général des signaux multifréquences semblables aux signaux DTMF utilisés par la signalisation d’abonné.
Les signaux hors bande sont des signaux comme la rupture ou le rétablissement du courant de boucle, l’inversion de polarité ou le changement d’état (impédance) de la ligne. C’est toujours le commutateur d’arrivé (distant) qui alimente la ligne par une tension continue U, et le commutateur de départ ferme la ligne sur une impédance R. Les signaux vers l’avant sont réalisés par changement de la valeur de R (f, F, o) donc du courant de boucle alors que les signaux vers l’arrière sont réalisés par inversion de la polarité de U.

Quel que soit le support ou le type de signalisations, les signaux sont transmis

  •  soit pendant des durées fixes bien déterminées,
  •  soit, il y a asservissement sur un accusé de réception.

Signaux de ligne/signaux d’enregistreurs

Les signaux de lignes sont les signaux relatifs à l’engagement de la jonction entre autocommutateurs comme, les signaux de prise, de libération, de supervision (réponse et raccrochage du demandé), et parfois certains signaux relatifs à l’état de la ligne du demandé. Les signaux de ligne sont le plus souvent transmis hors bande.
Les signaux d’enregistreur tiennent leurs noms de la technique de commutation électromécanique dans laquelle l’établissement d’un appel à travers un autocommutateur fait appel à un équipement appelé enregistreur capable de recevoir la numérotation. Les signaux d’enregistreurs comportent en général :

  • Des signaux de demande de chiffres
  • Des signaux de numérotation
  • Des signaux indiquant l’aboutissement de la tentative d’établissement d’appel.

Retour sur MF SOCOTEL

Les signalisations de ligne

Ce sont des codes à impulsion dont le tableau ci-dessous donne un exemple :

Signification des signaux

Durée (en ms) et sens de transmission

Prise

100

 

è

Réponse du demandé

100

 

ç

Raccrochage du demandé

                       100          233         100          233…..

 

                        ç                           ç

Rappel du demandé

100

 

è

Fin

500

 

è

Les signalisations d’enregistreurs

Elles sont du type multifréquences. Leur rôle est de communiquer au centre suivant la suite de la numérotation permettant de déterminer la suite du chemin jusqu’à l’abonné demandé.

Un signal enregistreur est constitué d’une combinaison de deux fréquences choisies parmi

  •  F0 = 700Hz,
  • F1 = 900Hz,
  • F2 = 1100Hz,
  • F4 = 1300Hz,
  • F7 = 1500Hz,

et une fréquence de contrôle Fc = 1900Hz servant d’accusé de réception.

A chaque combinaison de fréquence correspondent 3 significations différentes, a,b,c vers l’avant et A,B,C vers l’arrière.

Un signal reçu est interprété selon la catégorie courante, cette catégorie courante peut être modifiée par les commandes appropriées (cf tableaux 1 & 2 ci-dessous) ou par la logique du protocole.

C’est le centre d’arrivé qui envoie le premier signal, ce signal est toujours une information de code A. Les tableaux 1 et 2 ci-dessous illustrent la signification des signaux.

Les signaux sont transmis sous forme asservie, la fréquence de contrôle est émise comme accusé de réception à chaque signal reçu correctement. L’exploitation de la signalisation se fait de bout en bout : dans ce mode d’exploitation, l’autocommutateur de départ transmet successivement à chaque centre de transit, les seules informations qui lui sont nécessaires pour effectuer la sélection d’une jonction sortante. Une fois cette sélection effectuée, ce commutateur de transit passe en position de conversation (transparent), et l’autocommutateur de départ continue la signalisation avec le centre situé en aval du centre de transit déjà « traité ».

 

Ce protocole d’échange permet avec les dix possibilités offertes par la combinaison deux à deux des fréquences de référence de dépasser la simple transmission de numéros décimaux.

 Tableau des Codes de signaux d’enregistreurs – Signaux en arrière

Combinaison2 parmi 5 CODE Acode de sélection  CODE Bétat du demandé (Ddé)  CODE Cidentification du Demandeur (Ddr) 
f0 + f1 A1 : envoyez le signal d’accès et les 2 ou 4 premiers chiffres B1 : Ddé libre avec taxation C1 : Envoyez la catégorie du Ddr et 4 premiers chiffres de son numéro national (ABPQ)
f0 + f2 A2 : envoyez les derniers chiffres B2 : Ddé libre sans taxation C2 : envoyez les4 derniers chiffres du Ddr (MCDU)
f1 + f2 A3 : passage au code B B3 : Ddé coupé C3 : passage au code B
f0 + f4 A4 : passage au code C B4 : passage en conversation C4 : passage au code A
f1 + f4 A5 : envoyez la catégorie du demandeur B5 C5
f2 + f4 A6 : Transit normal B6 C6
f0 + f7 A7 B7 C7
f1 + f7 A8 B8 C8
f2 + f7 A9 : encombrement B9 C9
f4 + f7 A0 B0 : abonné absent C0

Tableau des Codes de signaux d’enregistreurs – Signaux en avant

Combinaison2 parmi 5 Code d’accès(informations préliminaires) Code numérique Code des catégories de l’abonné demandeur
f0 + f1 a1 : régional b1 : « 1 » c1 : abonné à cadran
f0 + f2 a2 b2 : « 2 » c2 : abonné à cadran avec justification de compte
f1 + f2 a3 : national b3 : « 3 » c3 : abonné absent
f0 + f4 a4 b4 : « 4 » c4 : abonné « non identifiable »
f1 + f4 a5 : appel à 2 chiffres b5 : « 5 » c5
f2 + f4 a6 b6 : « 6 » c6 : abonné à clavier
f0 + f7 a7 b7 : « 7 » c7 : abonné à clavier avec justification de compte
f1 + f7 a8 b8 : « 8 » c8 : passage en code supplémentaire de catégorie
f2 + f7 a9 b9 : « 9 » c9 : cabine de nuit
f4 + f7 a0 b0 : « 0 » c0 : opératrice

Pour revenir à l’article de départ utilisez la flèche retour arrière de votre navigateur

Les difficultés pour téléphoner dans les années 1960

Maintenant que quasiment tout le monde dispose d’un portable et s’irrite lorsque la réception n’est pas parfaite ou qu’une coupure malencontreuse survient, il est bon de se rappeler ce qu’était le téléphone il y a une cinquantaine d’année.

Jusqu’à la disparition du CRTT Massif Central, le trafic du siège de Saint-Étienne avec son sous-groupe de Limoges a été très difficile par le réseau téléphonique PTT. Les délais d’attente pour avoir la communication dépassaient souvent l’heure et lorsque l’on avait la chance de l’obtenir, notre optimiste était aussi douché par la standardiste PTT qui annonçait,  sur un ton pas toujours agréable,  « vous avez Limoges pour 6 minutes ».

Comme illustration des difficultés du téléphone, on peut aussi revoir le sketch de Fernand Reynaud le 22 à Asnières. Il est à noter que, pour les plus jeunes d’entre nous, avant l' »automatique » on entrait en correspondance avec une personne des PTT à qui l’on donnait le numéro de poste que l’on souhaitait obtenir, le xx dans telle commune (le 22 dans la commune d’Asnières, dans le cas du présent sketch). Le relationnel, quelque fois délicat, avec le personnel des PTT a aussi été mis en évidence dans le sketch le télégramme interprété par Yves Montand

Pour revenir à l’article de départ utilisez la flèche retour arrière de votre navigateur.

Annecdote sur le relevé systèmatique de mesures

Après guerre, les valeurs de la tension barres du poste de Vénissieux sont transmises toutes les heures par téléphone au dispatching de Lyon.

Certaines valeurs sont manifestement trop élevées, mais la vérification du capteur et du transformateur de tension ne révèle pas d’anomalie.

Jeune ingénieur arrivé au service exploitation, il m’est demandé de trouver l’origine du défaut. Je pars donc à bicyclette (nous sommes en 1948) à Vénissieux et constate qu’un tableautiste confond parfois le chiffre de la tension barres (environ 220 kV) avec celui de la tension de la batterie du poste (de l’ordre de 220 à 240 volts).

Ce fut, si l’on peut dire, une intervention sur une télémesure parlante!

Pour revenir à l’article de départ utilisez la flèche retour arrière de votre navigateur.