Le Réseau Téléphonique de Sécurité

Mis en avant

Un peu d’Histoire.

La téléphonie est le moyen de communication quasi exclusif des exploitants des réseaux électriques, dans la première moitié du siècle dernier. Elle est restée incontournable par la suite, malgré le développement des télémesures, télésignalisations et télécommandes. Continuer la lecture

les installations terminales du RTS dans les dispatchings

Une installation spécifique est mise en place dans chaque dispatching pour répondre à ces besoins. Placée en parallèle avec l’autocommutateur du dispatching on l’appelle pupitre dispatching. Cet ensemble comporte autant de postes de qu’il est prévu de dispatcheurs 3 dans la majorité des dispatchings régionaux, plus un poste de secours (utilisable en cas de panne ou en appui des dispatcheurs lors d’incident sur le réseau électrique).

Chaque poste de travail possède une platine avec clés et lampes de signalisation concernant toutes les directions :

  • le dispatcheur connaît à tout instant les liaisons occupées;
  • il peut intervenir sur une communication en cours, la couper si nécessaire;
  • il peut prendre au départ un circuit par simple abaissement d’une clé, ce qui permet de choisir l’itinéraire et de gagner du temps puisque la numérotation est directement envoyée sur la liaison sans passer par l’autocommutateur local. Les appels reçus sont aiguillés sur l’équipement de ligne du pupitre.

Les équipements de l’autocommutateur ne sont donc pas utilisés pour une communication en départ. Ils sont utilisés à l’arrivée seulement pendant le temps de réception de la numérotation. Ceci permet d’alléger l’autocommutateur en nombre de circuits de connexion.

D’autre part, le pupitre est étudié de telle façon qu’il puisse fonctionner même en supprimant l’autocommutateur. Des boutons de renvoi sont prévus pour cet usage dans un but de sécurité en cas d’avarie grave de l’autocommutateur.

Les pupitres permettent également l’interconnexion manuelle de circuits en deux fils à l’aide de deux barres de renvoi dans le cas général. La libération est toujours automatique. Ils sont équipés de plusieurs postes opérateurs, en général deux par position de dispatcheur.

Il faut préciser qu’outre les lignes du RTS, sont raccordées sur ces pupitres, des lignes PTT, et des lignes de l’installation téléphonique locale du Mouvement d’énergie. Chaque dispatcheur a la possibilité de transférer une communication à un collègue, à sa hiérarchie dans les bureaux et peut se mettre en relation pour une conférence avec plusieurs liaisons de sécurité.

Platine téléphonique dispatching Nancy années 1960

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Le répertoire téléphonique d’exploitation de Rhône Alpes Auvergne en1997

Chaque région, sous une forme ou une autre disposait, d’un répertoire téléphonique d’exploitation, pour permettre aux exploitants de communiquer entre eux par différents moyens :

  • Le RTS, Réseau Téléphonique de Sécurité
  • Le réseau téléphonique public (monopole) des PTT, devenu en 1988, l’entreprise publique France Télécom,
  • Le RTN, Réseau Téléphonique National, réseau de téléphonie administrative d’EDF.
Exemple de page du répertoire (seuls les numéros RTS ont été gardés)

On trouve également dans le répertoire un schéma donnant une vue synthétique des prises de lignes pour les liaisons interzones.:

Et le schéma général du RTS de la région :

 

 

 

 

 

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Plan de numérotation du RTS

Le plan de numérotation adopté est le suivant :

Les 7 centaines suivantes 2xx, 3xx, 4xx, 5xx, 6xx, 7xx, 8xx peuvent être utilisées librement dans chaque région à l’exception de 16 dizaines ( 2 dizaines par région) qui ne sont utilisés qu’une seule fois en France ce qui permet de les appeler directement à 3 chiffres de tout poste français, (Numéros préférentiels.)

Les centaines 1xx et 9xx sont réservées à des usages particuliers:

  • Pour des préfixes à 2 chiffres choisis entre 10 à 19 et 90 à 95 afin de pouvoir changer de région (un couple de préfixes est réservé pour accéder à chacune d’elle). Dans la pratique cela conduit à composer 5 chiffres pour atteindre un numéro dépendant d’une autre région.
  • Pour des préfixes à 2 chiffres 96 et 97 qui sont utilisés pour des itinéraires spéciaux à l’intérieur d’une région ou pour donner accès au réseau de sécurité d’un pays étranger voisin.
  • Pour des numéros à 3 chiffres 980 à 989 et 990 à 999 sélectionnés dans chaque autocommutateur afin de permettre à l’utilisateur d’imposer la prise d’une liaison prédéterminée dans chaque autocommutateur. (Prise à l’unité.).
  • La centaine 0 est laissée à disposition de chaque région pour établir des itinéraires de détournement, elle sera utilisée progressivement pour des applications particulières, comme la création de numéros à accessibilité restreinte …

Chaque région qui constitue un ensemble de numérotation homogène dispose donc  théoriquement de 540 numéros (700 moins les 160 numéros préférentiels pré-affectés), en fait, un peu moins pour 2 motifs:

  • Pour faciliter l’appel de postes situés en frontière dans une autre région, et éviter d’avoir à composer un numéro à 5 chiffres, les numéros correspondants ne peuvent donc pas être réutilisés dans la région;
  • Pour permettre la maintenance et les essais du réseau. Pratiquement tous les numéros se terminant par 0 sont réservés au service télécommunications pour ses tests et essais. Ainsi, toutes les salles télécommunications équipées d’un autocommutateur du RTS possèdent un numéro.

Il est prévu, en principe, 2 dizaines réservées aux Centres des mouvements d’énergie et au centre du Transport, une dizaine ou une demi-dizaine pour les postes importants ou les sièges d’exploitation, un ou deux numéros pour les petits postes et usines et les services Techniques des centres de Distribution qui exploitent une partie du réseau HT à 63 kV.

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Les difficultés pour téléphoner dans les années 1960

Maintenant que quasiment tout le monde dispose d’un portable et s’irrite lorsque la réception n’est pas parfaite ou qu’une coupure malencontreuse survient, il est bon de se rappeler ce qu’était le téléphone il y a une cinquantaine d’année.

Jusqu’à la disparition du CRTT Massif Central, le trafic du siège de Saint-Étienne avec son sous-groupe de Limoges a été très difficile par le réseau téléphonique PTT. Les délais d’attente pour avoir la communication dépassaient souvent l’heure et lorsque l’on avait la chance de l’obtenir, notre optimiste était aussi douché par la standardiste PTT qui annonçait,  sur un ton pas toujours agréable,  « vous avez Limoges pour 6 minutes ».

Comme illustration des difficultés du téléphone, on peut aussi revoir le sketch de Fernand Reynaud le 22 à Asnières. Il est à noter que, pour les plus jeunes d’entre nous, avant l' »automatique » on entrait en correspondance avec une personne des PTT à qui l’on donnait le numéro de poste que l’on souhaitait obtenir, le xx dans telle commune (le 22 dans la commune d’Asnières, dans le cas du présent sketch). Le relationnel, quelque fois délicat, avec le personnel des PTT a aussi été mis en évidence dans le sketch le télégramme interprété par Yves Montand

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Annecdote sur le relevé systèmatique de mesures

Après guerre, les valeurs de la tension barres du poste de Vénissieux sont transmises toutes les heures par téléphone au dispatching de Lyon.

Certaines valeurs sont manifestement trop élevées, mais la vérification du capteur et du transformateur de tension ne révèle pas d’anomalie.

Jeune ingénieur arrivé au service exploitation, il m’est demandé de trouver l’origine du défaut. Je pars donc à bicyclette (nous sommes en 1948) à Vénissieux et constate qu’un tableautiste confond parfois le chiffre de la tension barres (environ 220 kV) avec celui de la tension de la batterie du poste (de l’ordre de 220 à 240 volts).

Ce fut, si l’on peut dire, une intervention sur une télémesure parlante!

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Le sélectif : comment ça marche?

Le principe du fonctionnement du « sélectif »

Le relais sélectif est un composant majeur d’un système de téléphonie dit « sélectif » comportant un poste central relié à une ligne téléphonique extérieure sur laquelle sont placés en dérivation des postes secondaires (voir le schéma ci contre). Tous les postes secondaires sont munis d’un relais téléphonique sélectif (dit sélecteur) pour recevoir les appels. La sonnerie du poste secondaire sélectionné par le poste central est actionnée par le sélecteur sans que les sonneries des autres postes fonctionnent ; l’opérateur du poste secondaire décroche son appareil, il est alors en communication avec le poste central.

Un peu de technique

Le relais sélectif comporte un électroaimant polarisé dont l’armature reçoit des impulsions alternées de courant continu (inversion de polarité) émises par le poste central qui font progresser pas à pas une roue-code qu’un ressort antagoniste tend constamment à ramener au repos. La sélection du relais est établie pour un total de 17 impulsions groupées en 3 trains envoyés successivement avec un intervalle entre chaque train : par exemple : 2-2-13, 4-2-11,13-2-2… (utilisation des nombres 2 à 13). Chaque série de 17 impulsions correspond à un poste secondaire. On peut réaliser 78 combinaisons différentes.

Chaque relais sélectif n’arrive à la position d’appel qu’après avoir reçu trois séries d’impulsions déterminées. Trois goupilles d’arrêt sont positionnées sur la roue-code. Après la première série d’impulsions, la première goupille du relais sélectionné est engagée par un levier qui bloque la roue alors que les roues des autres relais reviennent au repos. Pendant la deuxième série d’impulsions la roue code continue son mouvement et met la deuxième goupille en prise. La troisième série agit de même, de telle façon que la troisième goupille vient à son tour s’engager dans le levier ; le sélecteur a alors atteint la position 17 pour laquelle le circuit de sonnerie local est fermé. Un poste téléphonique et un seul est ainsi sonné en toute sécurité Une 18ème impulsion émise ensuite ramène au repos le sélecteur du poste appelé. Chaque sélecteur peut être programmé pour n’importe quel indicatif par le déplacement des deux premières goupilles de la roue-code, la troisième étant fixe à la 17ème position, On peut aussi lancer un appel général en émettant un seul train sans interruption de 17 impulsions.

poste secondaire

La tension de la batterie d’appel située au poste central doit être dimensionnée pour assurer le fonctionnement du poste secondaire le plus éloigné. A titre d’exemple, pour une ligne téléphonique présentant une résistance en boucle de 1000 ohms desservant 30 postes secondaires la tension de la batterie d’appel doit au minimum être de 78 volts.

Rendons à Cesar…

Ce type de relais était utilisé dès les années 1910 dans les chemins de fer américains pour permettre l’appel sélectif des diverses stations échelonnées sur une ligne. Les postes téléphoniques étaient placés en dérivation sur une ligne téléphonique à deux fils.

Un rapport présenté à la CIGRÉ (Conférence Internationale des Grands Réseaux Électriques) en 1925 mentionne l’utilisation de ce sélecteur par la Compagnie Western Electric dans un système de téléphonie à courants porteurs sur lignes à haute tension de 110.000 volts pour joindre des postes à haute tension en dérivation sur la ligne.

Le relais présenté dans le chapitre Technique, de fabrication “Le Matériel Téléphonique” (LMT), brevet Westinghouse, date des années 1930. Il était utilisé dans les systèmes téléphoniques à appels sélectifs des réseaux électriques, par exemple en 1936 par la Société Générale Force et Lumière (SGFL) à Grenoble. Ces systèmes permettaient d’appeler depuis les dispatchings, les centrales hydrauliques et les postes situés le long des vallées alpines. Les techniciens des télécommunications de l’époque appelaient ce matériel le « sélectif américain ».

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Les CPL en 2015, une technologie vivante !

Les CPL classiques en bande étroite HT/THT continuent à équiper les lignes HT/THT pour leur avantages et leur faible coût relatif au coût de l’ouvrage et ont vu leur performances améliorées (50kbps) par l’adoption des techniques de modulation numériques récentes. On les trouvent au catalogue de la plupart des équipementiers HT/THT (ABB, ALSTOM, DiMAT, GE, Siemens …) y compris pour les niveaux de tension 800 kV des ouvrages haute puissance construits récemment en Chine ou ailleurs.

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Alstom grid circuit bouchon 800kV

Les CPL large bande BT ont connu un essor considérable dans les années 2000 une fois résolus les problèmes de transmission dans le milieu très perturbé des réseaux électriques domestiques. Ils ont envahi nos logements devenant le complément haut débit fiable (200Mbps et plus) des nombreux réseaux locaux radio (WiFi, Bluetooth, zigbee …) formant le réseau local domestique (ou HAN, Home Area Network).

Les CPL large bande BT sont devenu un enjeu industriel important à la fois :

• pour les électriciens puisqu’il permettent le comptage intelligent (projet Linky eRDF en France) ainsi que des services en aval du compteur (smartgrid) sans le surcoût d’une infrastructure télécom pour la desserte finale.

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Les CPL relient le compteur Linky au concentrateur Linky situé dans le poste source en franchissant (à vérifier) le transformateur BT/MT.

• pour l’électronique / électroménager grand public permettant par exemple la distribution de la vidéo depuis la box internet ou le raccordement des équipements ménagers à l’internet des objets.

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Résultats d’une recherche Internet avec le mot clé CPL

 Les enjeux industriels se reflètent au niveau de la standardisation des CPL BT, deux alliances font la promotion de spécifications distinctes :

• La « Homeplug alliance » avec le standard IEEE 1901

• La « G3-PLC Alliance » dont eRDF est membre, avec les standards CPL-G1 et CPL-G3. Voir la délibération CRE relative aux dispositifs de comptage sur les réseaux publics d’électricité (Linky)