Architecture et matériels des SRC

L’architecture

Les différents serveurs sont implantés sur un réseau local doublé scindé en deux parties :

  • La partie située en zone de sécurité renforcée abrite :
  1. Les serveurs principaux, doublés,
  2. Le système de configuration des données,
  3. Des serveurs annexes ,
  4. La station d’administration,
  5. Les postes de travail situés dans l’enceinte du dispatching,
  6. Des imprimantes.
  • La partie située en zone de sécurité standard abrite :
  1.  Les autres postes de travail,
  2.  Des imprimantes.

Les 2 serveurs principaux sont reliés entre eux par une liaison à grande vitesse utilisée pour la synchronisation des machines. Ils sont reliés au réseau local ARTERE, sur lequel sont implantées les Stations Réseaux et par lesquelles vont transiter les flux de téléconduite.

 

Le SRC est relié au reste du monde (réseau de gestion Artère, RLAC(1)) par le biais de deux coupe-feu qui fonctionnent en redondance active.

Trois serveurs annexes abritent les fonctions avancées fournies par RTE/DMA, à savoir :

  •  Calculs de réseau temps réel (la chaîne cyclique),
  •  Calculs de réseau en mode étude,
  •  Réglage de la tension (pour Nantes uniquement).

Les matériels et logiciels

  •  Serveurs principaux : HP ITANIUM RX2600 bi-pro, 16 GB de mémoire, OS HP UX 11,
  •  Autres serveurs : HP ITANIUM RX 1600, 3 GB de mémoire, OS HP UX 11,
  •  Postes de travail : PC HP sous Windows,
  •  Station d’administration : PC HP sous Windows et produit d’administration TNG,
  •  Système de configuration basé sur ORACLE.

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(1) Réseau local d’aide à la conduite ; il abrite des applications dont certaines utilisent des données élaborées par le SRC.

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La rédaction du cahier des charges du SRC

Voici ce qui avait été mis en place afin de garantir une production de qualité :

Au niveau de la forme :

  • Un modèle Word uniforme est imposé pour la rédaction,
  • Le principe adopté au SNC de distinguer le commentaire de la spécification est repris et  poussé encore plus loin en décomposant chaque spécification en exigences élémentaires  comportant le moins d’ambigüité possible et numérotées dans le but de faciliter les échanges avec le fournisseur, les recettes et la gestion des modifications.
   SP/6/E 340 Pour tous les ouvrages (lignes et transformateurs), le SRC doit réaliser, de façon systématique, un calcul d’intensité à chaque extrémité disposant au moins d’une mesure de puissance active.

Figure 16 : exemple d’exigence du cahier des charges

     Dans l’exemple présenté ci-dessus :

  •  SP identifie le composant (ici le  « Système principal »),
  •  6 est le numéro du chapitre,
  • E réfère à une exigence de base (il pouvait y avoir des exigences en option repérées par la lettre O),
  • 340 est le numéro de l’exigence dans le chapitre. Les exigences étaient numérotées de 10 en 10, afin de permettre des adjonctions.

Au niveau de l’organisation :

  • Pour chaque domaine, les documents de référence en entrée sont définis ainsi qu’un double circuit de validation (interne au projet puis externe),
  Au niveau du contenu :
  • Les thèmes comme la configuration des données et l’administration des systèmes, sont traités avec la même profondeur que les traitements temps réel et spécifiés en fonction de l’état de l’art du moment,
  • Les exigences de dimensionnement, de performance et de disponibilité et les conditions dans lesquelles les tests seront menés sont finement spécifiées, l’objectif étant de s’assurer que le SRC gardera un fonctionnement nominal en toute circonstance y compris en cas d’incident réseau généralisé (1),
  • Les fournitures de toute nature (matériel, documentation, prestations) sont identifiées et quantifiées aussi bien pour le fournisseur que pour EDF,
  • Les exigences de management et de qualité sont élaborées d’après la norme ISO 9001 et le guide de conduite de projet du DCC. Un plan de déroulement décrit les phases du projet et les conditions de passage d’une phase à l’autre.
  • Des exigences de sécurité informatiques apparaissent visant à protéger le système contre les intrusions et à contrôler les intervenants.

La composition du cahier des charge envoyé au Soumissionnaires sera la suivante, composition qui sera d’ailleurs et on ne peut que s’en féliciter  reprise dans des projets ultérieurs :

  • CCTP exigences techniques
  • CCTP consistance et limites de fourniture
  • CCTP Dimensionnement, performances et sûreté des Systèmes
  • CCTP Configuration des données
  • CCTP Management, Qualité et Sécurité
  • CCTP Fonctionnement en mode actif/passif
  • CCTP Raccordement du SRC à Artère
  • CCTP Echanges avec l’extérieur
  • CCTP Fonctions d’administration
  • CCTP Contraintes
  • CCTP API fonctions avancées
  • CCTP Garantie
  • CCTP MCO
  • CCTP Réversibilité (en cas de reprise de la maintenance par un autre fournisseur)

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(1) Des déclenchements de ligne en cascade se traduisent par une avalanche de changements d’état de signalisations et par de grandes variations de mesure, ce qui sollicite fortement le SCADA. (recalcul de topologie, génération d’alarmes, rafraîchissement des images, etc.)

Protégé : essai image

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L’imagerie typique des SCADA électriques

L’image de poste (photo SRC)

 C’est l’image la plus classique. Elle représente pour un niveau de tension donné d’un site géographique donné :

  •  les jeux de barres, ainsi que les sectionnements de barres, les couplages et liaisons barres omnibus
  • les départs de type ligne, production hydraulique, production thermique, transformations.

Pour des raisons d’encombrement la représentation réelle triphasée a été simplifiée en une représentation unifilaire dont les principes ont été conservés depuis la première génération de dispatching jusqu’à l’actuelle.

Pour des raisons de clarté et d’efficacité dans la prise en compte des schémas électrique par les dispatchers, seules les principales téléinformations sont représentées (mesures en actif/réactif, tensions, organes de coupure et surcharges). Malgré les progrès technologiques des calculateurs et des écrans, le compromis entre le nombre d’informations présentes (et donc la diminution des appels d’images complémentaires), leurs lisibilité (taille des caractères), et leur prise en compte par les dispatchers, notamment dans les moments de stress (incident) a toujours été une contrainte qui a dû être prise en compte prioritairement à des innovations plus décoiffantes.

Les informations affichées peuvent être enrichies ou substituées par d’autres valeurs (ex : remplacement des valeurs temps réelles par les valeurs des seuils de surveillance, remplacement des valeurs temps réel par des valeurs du passé).
L’image poste est l’image préférentielle utilisée pour les actions opérateur (télécommande, masquages, définition de la surveillance).
L’image de zone est, en complément avec le tableau synoptique mural, celle qui permet d’avoir une vision élargie nécessaire à la surveillance globale du système électrique.
Alors que dans les tout premier systèmes (C90 40) l’accès aux postes se faisait principalement depuis une platine à bouton, de nombreuses améliorations ont été apportées à la logique de navigation entre images. Ces évolutions ont été effectuées pour permettre au dispatcher de passer aisément d’une image de zone à une image de poste (et réciproquement), d’atteindre l’image d’un poste extrémité d’un départ ligne ou transformateur, d’accéder à une image de poste depuis une alarme ou d’accéder directement à un poste à partir de listes déroulantes.
Depuis l’époque SIRC la génération de ces images est automatique. A noter que ce n’était pas toujours le cas chez les fournisseurs de SCADA.

L’image de cellule (photo SRC)

L’image de cellule représente un départ ligne, transformateur, centrale ou un couplage. Elle dispose d’une zone graphique et d’une zone alphanumérique, cette dernière permettant  de faire figurer l’état de toutes les télésignalisations qui la concernent. Ce type d’image est apparu dans le SRC pour faire face à l’augmentation importante du nombre de signalisations de surveillance rapatriées pour répondre au besoin de la télécommande et de la synthèse d’alarme :

  • Signalisations de défaut entrant dans les contrôles avant et pendant la télécommande,
  • Signalisations de défaut et d’automate pour l’élaboration des diagnostics de la synthèse d’alarme.

 L’image de cellule est essentiellement utilisée pour la télécommande et la surveillance des installations. La génération de ces images est automatique, ce qui est heureux vu leur nombre.

Image de zone (photo SNC)

Ce type d’image est apparu avec la 2° génération de système de dispatchings (SIRC/SYSDIC) Elle représente une portion du réseau pouvant comporter jusqu’à une vingtaine de postes. La représentation des postes est nodale : un rond représente l’ensemble des départs du poste électriquement reliés entre eux. Ainsi sur l’image, le poste de Distré 400 KV comporte un seul nœud alors que celui de Verger-Tabarderie 400 KV en comporte 2 (le couplage étant ouvert). Par ailleurs l’aspect des lignes dépend de leur état électrique :

  • En service (connecté aux deux extrémités) : rouge plein
  • Sous tension à vide (connecté à une seule extrémité) : pointillé blanc
  • Hors tension ( non connecté au réseau électrique) : tireté blanc

L’image de zone vient compléter la vision offerte par le synoptique  en offrant des possibilités de substitution et d’enrichissement.
L’image n’est pas générée automatiquement. Noter que tous les fournisseurs de SCADA ne proposaient  pas ce type d’image au début des années 2000.

Image de vallée (image SRC)

Elle présente sous forme symbolique les différents équipements hydroélectriques d’une vallée ou portion de vallée, voire d’un ensemble de vallées reliées entre elles.
On va donc y trouver les retenues, les centrales et les grandeurs s’y rattachant : côte ou volume des retenues, production des centrales, débits des cours d’eau. Ces images ont perdu une partie  de leur intérêt depuis la reprise de la gestion de la production hydraulique régionale par le(s) producteur(s).

L’écran d’alarme (image SRC)

La tradition à EDF est d’avoir un écran dédié à l’affichage des alarmes. Cet écran est divisé en deux zones de tailles inégales permettant d’afficher deux listes d’alarmes parmi 3 niveaux de gravité, de telle façon que la liste des alarmes les plus graves soit toujours affichée.
La couleur distingue les débuts des fins d’alarme.
Dans l’exemple ci-dessous, les alarmes de gravité 1 (les plus graves) sont affichées en zone basse et les alarmes de gravité 2 en zone haute.
Cet écran offre de multiples possibilités d’actions :

  • acquittement/effacement  individuel ou multiple d’alarmes,
  • pagination,
  • permutation des zones
  • affichage par thèmes.

Autres images…

 Cette liste d’images n’est pas exhaustive. On va également retrouver dans tout SCADA qui se respecte la possibilité d’afficher l’évolution de grandeurs sous forme de courbes et de tableaux, des affichages sous forme de listes (listes chronologiques, listes d’états) et enfin des images quelconques renseignées par des valeurs temps réels ou fixes (cf. exemple ci-dessous qui permet de récapituler les valeurs de consigne de tension des transformateurs d’une zone parisienne)

Les évolutions logicielles du SIRC

Le SIRC est resté pendant longtemps la solution privilégiée pour implanter une nouvelle fonction de conduite ou liée à la conduite :

 
  • Il disposait des téléinformations et des historiques,
  • L’équipe de maintenance avait su garder la maîtrise des logiciels,
  • La réalisation en interne permettait de se passer d’un appel d’offre et donc de gagner du temps.

La banalisation des stations de travail avec des IHM attractifs et la mise à disposition d’une solution de raccordement à ARTERE moins complexe, l’IGA (1) , ont orienté par la suite la réalisation des évolutions lourdes vers des systèmes individuels, éventuellement connectés au SIRC.

Parmi les principales évolutions réalisées, nous citerons :

La gestion de la tension

Les problèmes de tension dans l’ouest ont été la première source d’évolutions, l’incident du 12 janvier 1987  (2) constituant un électrochoc . Ont été développés successivement :

  • Un automate logiciel commandant le blocage des régleurs en charge : le réseau de chaque région était découpé en zones d’action. Dans chaque zone, l’automate surveillait des mesures de tension dites de référence. Sur franchissement à la baisse d’un seuil de tension des ordres de télécommande pour bloquer les régleurs des transformateurs THT/HT de la zone étaient envoyés. Après la mise en place des SAS  (3) , l’automate transmettait simultanément au SAS de la région un ordre de blocage des régleurs destiné aux transformateurs HTB/HTA de la zone. Initialement destiné au CIME OUEST, l’automate aura été déployé dans toutes les régions.
  • La commande centralisée des condensateurs et réactances (C3R). L’incident du 12 janvier 1987 avait montré la nécessité de renforcer les moyens de compensation d’énergie réactive dans l’ouest de la France. Un programme d’installation de batteries de condensateurs et de réactances avait donc été lancé. Les réflexions menées en parallèle sur la gestion de ce parc ont mis en évidence l’intérêt et la faisabilité de l’automatiser. L’automate de la C3R, implanté uniquement dans le SIRC de Nantes, fonctionnait comme suit : la région était découpée en zones. Une zone se définissait par un poste électrique dont la tension servait de référence (le point pilote) et par la liste des compensateurs de la zone. Une plage de fonctionnement acceptable de la tension du point pilote était également définie. L’automate surveillait la tension du point pilote et, dès que la tension sortait de sa plage de fonctionnement, il décidait de l’enclenchement ou du déclenchement d’un compensateur et envoyait la télécommande correspondante. Il réitérait l’opération tant que la tension était hors plage et jusqu’à épuisement des moyens de compensation.
  • Le Réglage Secondaire Coordonné de Tension (RSCT) : il est venu compléter, toujours pour la seule région Ouest, les réglages existant à savoir primaires et secondaires. Le principe restait le même. il s’agissait d’élaborer une commande de production de réactif à destination des groupes, mais contrairement au Réglage Secondaire de Tension, les commandes étaient individualisées pour tenir compte de l’influence effective de chaque groupe. Le système a été développé par EDF/DER et implanté dans une station de travail raccordée au SIRC via le protocole FTP. Le SIRC fournissait au RSCT les données nécessaires à son fonctionnement : télémesures, télésignalisations et topologie nodale du réseau.

L’hydraulique temps réel étendu.

Le SIRC dans sa version initiale comportait déjà une boite à outil dédiée à la gestion de l’hydraulique et permettant de calculer :

  • Les volumes d’eau stockés dans les retenues, à partir des côtes,
  • des débits à partir d’autres valeurs (débits, puissances d’usine, variation de volume, limnimètres (mesures de débits de façon quasi directe), pluviomètres (mesures de la hauteur de pluie tombée)),
  • Des puissances produites à partir des débits turbinés, de temps d’écoulement et éventuellement d’estimations d’apports intermédiaires.
  • Et, in fine, des agrégats non accessibles directement comme la puissance produite par les usines non télémesurées. comme le productible…

Les côtes et les débits pouvaient être surveillés par rapport à des seuils avec génération d’alarme en cas de dépassement.
L’objectif de l’évolution « Hydraulique temps réel étendu » était de mettre à disposition du dispatcheur :

  • Une fonction d’études permettant, à partir d’un programme de marche prévisionnel des centrales sur J+1, de simuler par pas ½ horaire le fonctionnement d’une vallée avec signalement des contraintes (déversement, manque d’eau, non respects de côtes imposées (tourisme, irrigation…)
  • Une fonction de modification et de validation des programmes prévisionnels,
  • Une surveillance temps réel au pas ½ horaire de l’exécution des programmes avec émission d’alarme en cas de détection de contrainte.

Le volume de développement étant conséquent, les informaticiens des régions hydrauliques ont été largement sollicités :

  •  Toulouse était chargé des modules d’IHM,
  •  Lyon était chargé du modèle de calcul d’influencement,
  •  L’équipe nationale de maintenance a pris en charge l’impact sur les ressources générales.

L’affaire est allée à son terme, mais le produit n’a pas eu la carrière qu’il méritait. Fonctionnellement, il répondait bien au besoin mais le modèle d’influencement était trop délicat à maintenir. La gestion des vallées sera finalement reprise en prévisionnel par le SGEP et en temps réel par les Postes Hydrauliques de Vallées de deuxième génération : les PHV2.

L’extension de la fonction télécommande ; le projet EXTEL

Le SIRC tel qu’il se présentait au début des années 1990 correspondait à l’étape 1 de la marche vers les Centres Régionaux de Conduite. Il intégrait bien les fonctions nécessaires pour la conduite du réseau et n’offrait qu’une fonction télécommande simplifiée, développée pour gérer des cas particuliers comme la commande des moyens de compensation ou des automates. L’abandon du projet CRC en 1993 changeât la donne. L’intérêt de développer une véritable fonction télécommande dans les SIRC s’est imposé. Cela a permis de valoriser les 950 MF (environ 140 M€) de travaux de filerie et d’apporter un gain notoire sur l’exploitation :

  • Par l’accélération des reprises de service après incident,
  • Par la possibilité de réaliser des manœuvres de nuit sans intervention du PCG,
  • Par la possibilité de réaliser des manœuvres pour de courtes périodes (passage d’un pic de consommation),
  • Par une meilleure sécurisation des manœuvres grâce à des contrôles logiciels.

Une étude d’impact sur le SIRC en confirmant la faisabilité, le projet a été lancé en 1995. Le volume de logiciel à développer ne réclamait pas à lui seul une organisation de type projet mais ce n’était que la partie visible de l’iceberg. L’insertion en exploitation de l’outil a représenté le plus gros travail. Il a en effet fallu :

  • Au niveau national adapter le Code de Conduite du Réseau de Transport (CCRT) au contexte EXTEL, mettre à jour la note Saumon, définir les contrôles à réaliser avant émission de l’ordre et la nature de ces contrôles (bloquant ou non bloquant),
  • Au niveau régional définir dans une convention le partage de l’activité de commande entre le Système et le Transport, identifier les postes télécommandables en fonction de l’état des fileries, replanifier les travaux de mise en conformité des fileries dans la perspective EXTEL.

Enfin chaque région aura eu à mener un important travail de configuration de la chaîne de téléconduite, SIRC compris, pour rapatrier au Dispatching les télésignalisations utilisées dans les contrôles télécommande.
Le projet s’est déroulé sans encombre. Nancy a de nouveau accepté d’être site pilote malgré l’expérience précédente qui avait montré toute la difficulté de la tâche et la charge en résultant. Fin 1998, le déploiement de l’outil était quasiment terminé. La montée en puissance de son utilisation s’est étalée sur plusieurs années, en lien avec la réfection des fileries.
Au final, EXTEL permettait de télécommander les organes de coupure et les automates depuis les images de poste. Avant émission de l’ordre, le logiciel effectuait systématiquement plusieurs types de contrôles qui pouvaient être bloquant ou non :

  • Contrôle de non manœuvre en charge pour les sectionneurs,
  • Contrôle sur l’état du matériel (basé sur la position de télésignalisations)
  • Contrôle sur l’environnement (exemple : blocage si une télécommande est déjà en cours dans le poste).

La synthèse d’alarme

Les résultats encourageants de l’expérimentation CRC au Dispatching de Normandie Paris et la perspective encore lointaine de remplacement des SIRC conduisirent RTE à décider d’implémenter dans les SIRC une synthèse d’alarme restreinte portant sur les cycles disjoncteurs. Elle a été développée conformément aux principes mis en œuvre dans le CRC :

  • rétention des alarmes suite à un fait initiateur pendant une durée fixe (typiquement 30s),
  • à la fin de la rétention, génération d’une alarme synthétique si un cycle a pu être identifié, sinon, génération des alarmes élémentaires.

Bien d’autres évolutions d’importance moindre furent développées dans le cadre de versions annuelles dont le contenu était défini par un Groupe de Coordination des Utilisateurs : le GCU.

 

Zone de bas de page

 ( 1) Interface Généralisée Artère : package permettant de connecter facilement une application au réseau ARTERE.

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(2)  La perte successive pour des raisons indépendantes des 4 groupes de production de la Centrale de Cordemais entraîne une baisse brutale de la tension. Les régleurs des transformateurs THT/HT et HTB/HTA, en tentant de rétablir une tension normale au secondaire de ces transformateurs aggravent le phénomène. Neuf autres groupes thermiques proches de la zone déclenchent également. Des délestages de consommation permettront de stabiliser la situation.

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(3) Système d’Alerte et de Sauvegarde : constitué d’un mini-ordinateur, il permet de transmettre depuis les dispatchings, des messages d’alerte, de sauvegarde, des signaux tarifaires et des ordres de délestage à destination de EDF Réseau de Distribution.

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les installations terminales du RTS dans les dispatchings

Une installation spécifique est mise en place dans chaque dispatching pour répondre à ces besoins. Placée en parallèle avec l’autocommutateur du dispatching on l’appelle pupitre dispatching. Cet ensemble comporte autant de postes de qu’il est prévu de dispatcheurs 3 dans la majorité des dispatchings régionaux, plus un poste de secours (utilisable en cas de panne ou en appui des dispatcheurs lors d’incident sur le réseau électrique).

Chaque poste de travail possède une platine avec clés et lampes de signalisation concernant toutes les directions :

  • le dispatcheur connaît à tout instant les liaisons occupées;
  • il peut intervenir sur une communication en cours, la couper si nécessaire;
  • il peut prendre au départ un circuit par simple abaissement d’une clé, ce qui permet de choisir l’itinéraire et de gagner du temps puisque la numérotation est directement envoyée sur la liaison sans passer par l’autocommutateur local. Les appels reçus sont aiguillés sur l’équipement de ligne du pupitre.

Les équipements de l’autocommutateur ne sont donc pas utilisés pour une communication en départ. Ils sont utilisés à l’arrivée seulement pendant le temps de réception de la numérotation. Ceci permet d’alléger l’autocommutateur en nombre de circuits de connexion.

D’autre part, le pupitre est étudié de telle façon qu’il puisse fonctionner même en supprimant l’autocommutateur. Des boutons de renvoi sont prévus pour cet usage dans un but de sécurité en cas d’avarie grave de l’autocommutateur.

Les pupitres permettent également l’interconnexion manuelle de circuits en deux fils à l’aide de deux barres de renvoi dans le cas général. La libération est toujours automatique. Ils sont équipés de plusieurs postes opérateurs, en général deux par position de dispatcheur.

Il faut préciser qu’outre les lignes du RTS, sont raccordées sur ces pupitres, des lignes PTT, et des lignes de l’installation téléphonique locale du Mouvement d’énergie. Chaque dispatcheur a la possibilité de transférer une communication à un collègue, à sa hiérarchie dans les bureaux et peut se mettre en relation pour une conférence avec plusieurs liaisons de sécurité.

Platine téléphonique dispatching Nancy années 1960

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Le répertoire téléphonique d’exploitation de Rhône Alpes Auvergne en1997

Chaque région, sous une forme ou une autre disposait, d’un répertoire téléphonique d’exploitation, pour permettre aux exploitants de communiquer entre eux par différents moyens :

  • Le RTS, Réseau Téléphonique de Sécurité
  • Le réseau téléphonique public (monopole) des PTT, devenu en 1988, l’entreprise publique France Télécom,
  • Le RTN, Réseau Téléphonique National, réseau de téléphonie administrative d’EDF.
Exemple de page du répertoire (seuls les numéros RTS ont été gardés)

On trouve également dans le répertoire un schéma donnant une vue synthétique des prises de lignes pour les liaisons interzones.:

Et le schéma général du RTS de la région :

 

 

 

 

 

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Plan de numérotation du RTS

Le plan de numérotation adopté est le suivant :

Les 7 centaines suivantes 2xx, 3xx, 4xx, 5xx, 6xx, 7xx, 8xx peuvent être utilisées librement dans chaque région à l’exception de 16 dizaines ( 2 dizaines par région) qui ne sont utilisés qu’une seule fois en France ce qui permet de les appeler directement à 3 chiffres de tout poste français, (Numéros préférentiels.)

Les centaines 1xx et 9xx sont réservées à des usages particuliers:

  • Pour des préfixes à 2 chiffres choisis entre 10 à 19 et 90 à 95 afin de pouvoir changer de région (un couple de préfixes est réservé pour accéder à chacune d’elle). Dans la pratique cela conduit à composer 5 chiffres pour atteindre un numéro dépendant d’une autre région.
  • Pour des préfixes à 2 chiffres 96 et 97 qui sont utilisés pour des itinéraires spéciaux à l’intérieur d’une région ou pour donner accès au réseau de sécurité d’un pays étranger voisin.
  • Pour des numéros à 3 chiffres 980 à 989 et 990 à 999 sélectionnés dans chaque autocommutateur afin de permettre à l’utilisateur d’imposer la prise d’une liaison prédéterminée dans chaque autocommutateur. (Prise à l’unité.).
  • La centaine 0 est laissée à disposition de chaque région pour établir des itinéraires de détournement, elle sera utilisée progressivement pour des applications particulières, comme la création de numéros à accessibilité restreinte …

Chaque région qui constitue un ensemble de numérotation homogène dispose donc  théoriquement de 540 numéros (700 moins les 160 numéros préférentiels pré-affectés), en fait, un peu moins pour 2 motifs:

  • Pour faciliter l’appel de postes situés en frontière dans une autre région, et éviter d’avoir à composer un numéro à 5 chiffres, les numéros correspondants ne peuvent donc pas être réutilisés dans la région;
  • Pour permettre la maintenance et les essais du réseau. Pratiquement tous les numéros se terminant par 0 sont réservés au service télécommunications pour ses tests et essais. Ainsi, toutes les salles télécommunications équipées d’un autocommutateur du RTS possèdent un numéro.

Il est prévu, en principe, 2 dizaines réservées aux Centres des mouvements d’énergie et au centre du Transport, une dizaine ou une demi-dizaine pour les postes importants ou les sièges d’exploitation, un ou deux numéros pour les petits postes et usines et les services Techniques des centres de Distribution qui exploitent une partie du réseau HT à 63 kV.

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Les difficultés pour téléphoner dans les années 1960

Maintenant que quasiment tout le monde dispose d’un portable et s’irrite lorsque la réception n’est pas parfaite ou qu’une coupure malencontreuse survient, il est bon de se rappeler ce qu’était le téléphone il y a une cinquantaine d’année.

Jusqu’à la disparition du CRTT Massif Central, le trafic du siège de Saint-Étienne avec son sous-groupe de Limoges a été très difficile par le réseau téléphonique PTT. Les délais d’attente pour avoir la communication dépassaient souvent l’heure et lorsque l’on avait la chance de l’obtenir, notre optimiste était aussi douché par la standardiste PTT qui annonçait,  sur un ton pas toujours agréable,  « vous avez Limoges pour 6 minutes ».

Comme illustration des difficultés du téléphone, on peut aussi revoir le sketch de Fernand Reynaud le 22 à Asnières. Il est à noter que, pour les plus jeunes d’entre nous, avant l' »automatique » on entrait en correspondance avec une personne des PTT à qui l’on donnait le numéro de poste que l’on souhaitait obtenir, le xx dans telle commune (le 22 dans la commune d’Asnières, dans le cas du présent sketch). Le relationnel, quelque fois délicat, avec le personnel des PTT a aussi été mis en évidence dans le sketch le télégramme interprété par Yves Montand

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Annecdote sur le relevé systèmatique de mesures

Après guerre, les valeurs de la tension barres du poste de Vénissieux sont transmises toutes les heures par téléphone au dispatching de Lyon.

Certaines valeurs sont manifestement trop élevées, mais la vérification du capteur et du transformateur de tension ne révèle pas d’anomalie.

Jeune ingénieur arrivé au service exploitation, il m’est demandé de trouver l’origine du défaut. Je pars donc à bicyclette (nous sommes en 1948) à Vénissieux et constate qu’un tableautiste confond parfois le chiffre de la tension barres (environ 220 kV) avec celui de la tension de la batterie du poste (de l’ordre de 220 à 240 volts).

Ce fut, si l’on peut dire, une intervention sur une télémesure parlante!

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