Compteur magnétique

 C’est un relais électromécanique téléphonique d’une configuration très originale.
De manière générale, un relais est composé d’un noyau ferromagnétique, d’une bobine à un enroulement, d’une palette entraînant un ou plusieurs contacts, ouverts ou fermés selon que la bobine est alimentée ou non.

Ce compteur magnétique est un relais au fonctionnement bistable ; il comprend un noyau magnétique rémanent, deux enroulements en opposition et dix palettes associées chacune à un contact et repérées de 1 à 0 comme sur un cadran téléphonique.
Ce relais assure ainsi l’acquisition du nombre d’impulsions émises par un cadran téléphonique et l’affichage en sortie sur un contact permettant l’identification du chiffre composé.

Le principe de fonctionnement consiste à jouer sur l’entrefer entre palette et bobine pour autoriser ou non sa montée lorsque la bobine est alimentée.
La première des dix palettes (palette 1) est positionnée mécaniquement à mi-course de la bobine par rapport aux neuf autres plus éloignées de la bobine. Lorsque la bobine est alimentée, la palette 1, dont l’entrefer est plus faible que celui des autres, est attirée par la bobine et entraîne dans sa course la palette 2 à mi course. Lors de l’alimentation suivante de la bobine la palette 2 est alors attirée et positionne la palette 3 à mi course et ainsi de suite… On comprendra aisément que le bon fonctionnement de l’appareil jouant sur une épaisseur d’entrefer les réglages n’étaient pas aisés….  .

Ce compteur a été utilisé dans des autocommutateurs téléphoniques du constructeur CGCT (Compagnie Générale de Construction Téléphonique) des années 1960. Il était l’interface entre le cadran téléphonique de l’abonné et la chaîne de classement des chiffres du numéro composé (correspondant demandé).

Diffuseur d’alarmes parlées (DARC)

  Le DARC (Diffuseur d’alarmes à recherche cyclique) Degréane est installé dans une baie technique standard 19 pouces. Les différents châssis sont fixés par l’avant: alimentation en bas, tambour magnétique au centre, électronique de commande en haut.
Signe d’un temps où les besoins spécifiques d’EDF ne pouvaient être facilement satisfaits par des matériels standards du marché le DARC a été mis au point de 1968 à 1970 par des agents télécommunications d’EDF et a fait l’objet d’un dépôt de brevet. Après la réalisation d’un prototype la fabrication de série a été confiée à la société Degréane de Toulon.
La partie originale du DARC est le tambour magnétique avec ses 24 pistes d’enregistrement des messages parlés.

Le DARC a été conçu pour l’exploitation des postes électriques haute et moyenne tension (HT/MT) de la Distribution d’EDF. Il permet de transmettre les alarmes d’exploitation hors heures ouvrables au personnel d’astreinte

Le DARC peut être placé dans un poste HT/MT ou au siège de l’unité d’intervention (district). A la réception d’une alarme (maximum 24) le DARC entame automatiquement un cycle de recherche du personnel en astreinte (4 possibilités d’appel définies par un dispositif de roues codeuses). Un message d’alarme parlée, enregistré sur le tambour multi-pistes, est transmis par téléphone au personnel d’astreinte via l’autocommutateur téléphonique du site ou par radio (code d’appel du poste mobile de l’agent d’astreinte) dans l’ordre défini par les 4 possibilités d’appel. Le cycle de recherche est interrompu dès la réception d’un message d’acquittement (composition d’un numéro) émis par l’agent qui a pris en compte l’alarme.
Adaptés à une exploitation décentralisée du réseau, ils ont été progressivement retirés du service avec la mise en place des bureaux centraux de conduite.

Aspects Physiques : Longeur : 50 cm Largeur : 62 cm Hauteur : 193 cm Couleur : gris

Perforateur de ruban papier

 

C’est un bloc métallique parallélépipédique permettant de positionner un ruban papier perforé à 8 trous (représentant un octet) disposés dans la largeur du ruban et de le maintenir en place par une plaque de plexiglas. On peut alors avec un petit stylet percer des trous sur une partie non perforée du ruban et créer ainsi n’importe quel octet conforme au code utilisé. Un levier placé à une extrémité permet de couper la bande. Pour modifier un ou quelques octets sur une bande donnée il faut utiliser un bout de ruban neuf, perforer le ou les octets constituant la modification que l’on veut intégrer et coller, comme on le faisait autrefois pour un montage cinématographique, le bout de ruban créé à la place de la partie à modifier sur le ruban principal.

Le ruban perforé est un support mémoire utilisé dans les débuts de l’informatique. Un trou supplémentaire, de plus petite taille situé vers le milieu de la bande sert à l’entraînement par la roue dentée d’un lecteur-perforateur.

Au début des années 1970, des systèmes informatiques en temps réel dédiés à la téléconduite du Transport d’électricité ou encore de la Production hydraulique utilisaient, comme d’une façon générale tous les autres systèmes informatiques, le ruban perforé comme support de données, voire de petits programmes.

Téléimprimeur SAGEM TX35

Description
Le téléimprimeur ressemble à une grosse machine à écrire avec un clavier, une imprimante, un écran de visualisation, un petit clavier à droite et à gauche du clavier dactylographique ainsi qu’une unité de disque souple. ( Anglais : floppy disk).
Cet appareil permet la transmission de messages écrits entre deux téléimprimeurs mis en communication par un circuit de transmission, établi par un réseau commuté (réseau Telex des PTT ou réseau privé). Le code de transmission est le code CCITT N°2.
L’écran de visualisation et la mémoire électronique centrale permettent un traitement de texte simple qui facilite la préparation des messages et leur envoi.

Caractéristiques techniques
Le TX 35 est équipé d’un micro processeur, d’une mémoire centrale, d’un disque souple (100 000 caractères) , d’une imprimante à aiguilles et d’un écran qui visualise 20 lignes de texte plus 2 lignes de service. Les petits claviers à droite et à gauche du clavier dactylographique servent respectivement à la gestion de l’écran et à la gestion de l’appareil.
Le téléimprimeur utilise le code CCITT N°2 , code à 5 bits qui permet d’envoyer au correspondant 57 signes significatifs (lettres majuscules de l’alphabet, chiffres, ponctuation, espace, interlignes) sur des lignes de 69 caractères. Le terminal utilise des caractères de service (appels, établissement des communications). La rapidité de modulation est de 50 bauds ce qui au final se traduit par un débit maximal de 6,66 caractères par seconde
L’imprimante imprime en noir les messages émis et reçus sur un rouleau de papier de largeur 210 ou 216 mm ; trois types d’écriture permettent de différentier les utilisations : écriture inclinée vers la gauche pour un message préparé localement, inclinée vers la droite pour les messages émis, et droite pour les messages reçus. La réception et l’impression d’un message sont indépendantes de la préparation d’un message au clavier et à l’écran.
Les messages sont préparés à l’aide de l’écran en mémoire centrale. A la fin de la préparation ils sont stockés sur le disque et disparaissent de la mémoire si les données d’acheminement ne sont pas complétées. Si elles le sont les messages restent en mémoire jusqu’à la prise en charge par l’automate d’acheminement. Les messages émis sont effacés de la mémoire. Les messages reçus sont systématiquement archivés sur le disque.

Chaque téléimprimeur a un indicatif qui l’identifie. L’émission d’indicatif est déclenchée par le réseau du côté du demandeur et du demandé lors du début de toute communication et une confirmation de l’indicatif du demandé peut être déclenchée en fin de transmission par le demandeur ; on dispose ainsi sur les messages imprimés côté demandeur et côté demandé de la confirmation de l’identité des correspondants. Une information d’horodatage est transmise par le réseau à la fois vers le demandeur et le demandé. L’authenticité de la transmission est ainsi garantie.
Le TX 35 est mis sur le marché par Sagem à la fin des années 1980

Utilisation
Cet appareil a été utilisé dans un réseau télégraphique privé, dit de commandement, mis en service à EDF en 1968 et desservant les grands services. EDF a abandonné son réseau télégraphique privé à EDF en 1996 alors qu’il était dépassé par les télécopieurs et les nouvelles messageries informatiques interpersonnelles.

Terminal RNIS

Ce terminal téléphonique numérique est destiné à être raccordé sur un réseau RNIS (Réseau Numérique à Intégration de Services) spécifiquement sur le réseau « Numeris » de France Telecom. Il se présente sous la forme d’un terminal téléphonique banal sur lequel apparaissent plusieurs petits écrans (afficheurs alphanumériques) donnant à l’utilisateurs divers informations concernant le trafic en cours, ce qui en faisait, à l’époque, un terminal « haut de gamme » ; Il existe également une sortie de type vidéotexte ou destinée à un matériel externe.

Caractéristiques techniques :

Le concept du RNIS est apparu en France en 1988. Il permettait :

– d’une part, d’assurer une connexion numérique à 64 kbits synchrone de bout en bout, de terminal à terminal,
– d’autre part, grâce à une signalisation indépendante des circuits (dite CCITT N°7), de fournir aux clients des informations complémentaires: Identification d’appel, présentation du N° d’appel, indication de durée ou de coût de la communication, annuaire personnel, minimessage de 32 caractères, portabilité de la communication, sous-adressage pour équipement annexe (terminal informatique, télécopieur,….)

L’accès de ce poste au réseau RNIS est dit par ‟accès de base isolé”.Il est assuré par un canal numérique de 144 kbits/s supporté par une paire téléphonique 2 fils du réseau cuivre classique et établi entre l’autocommutateur numérique de rattachement de France Télécom et un TNA (Termineur Numérique d’Abonné) attaché au poste. Cela permet par exemple, deux conversations téléphoniques simultanées de qualité ou une communication téléphonique et une transaction informatique via un PC. (d’où la notion de voix et données simultanées).

Utilisation :
Ce terminal a été utilisé à titre expérimental pour un raccordement RNIS en accès de base au réseau de France Telecom, au nom commercial de « Numeris » . De fait, le réseau RNIS de France Telecom a été très peu utilisé sous cette forme à EDF, sauf pour assurer quelques transmissions de données en secours des réseaux X25 de l’entreprise et pour des liaisons de sécurité de centrales nucléaires.

 

Architecture et matériels des SRC

L’architecture

Les différents serveurs sont implantés sur un réseau local doublé scindé en deux parties :

  • La partie située en zone de sécurité renforcée abrite :
  1. Les serveurs principaux, doublés,
  2. Le système de configuration des données,
  3. Des serveurs annexes ,
  4. La station d’administration,
  5. Les postes de travail situés dans l’enceinte du dispatching,
  6. Des imprimantes.
  • La partie située en zone de sécurité standard abrite :
  1.  Les autres postes de travail,
  2.  Des imprimantes.

Les 2 serveurs principaux sont reliés entre eux par une liaison à grande vitesse utilisée pour la synchronisation des machines. Ils sont reliés au réseau local ARTERE, sur lequel sont implantées les Stations Réseaux et par lesquelles vont transiter les flux de téléconduite.

 

Le SRC est relié au reste du monde (réseau de gestion Artère, RLAC(1)) par le biais de deux coupe-feu qui fonctionnent en redondance active.

Trois serveurs annexes abritent les fonctions avancées fournies par RTE/DMA, à savoir :

  •  Calculs de réseau temps réel (la chaîne cyclique),
  •  Calculs de réseau en mode étude,
  •  Réglage de la tension (pour Nantes uniquement).

Les matériels et logiciels

  •  Serveurs principaux : HP ITANIUM RX2600 bi-pro, 16 GB de mémoire, OS HP UX 11,
  •  Autres serveurs : HP ITANIUM RX 1600, 3 GB de mémoire, OS HP UX 11,
  •  Postes de travail : PC HP sous Windows,
  •  Station d’administration : PC HP sous Windows et produit d’administration TNG,
  •  Système de configuration basé sur ORACLE.

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(1) Réseau local d’aide à la conduite ; il abrite des applications dont certaines utilisent des données élaborées par le SRC.

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La rédaction du cahier des charges du SRC

Voici ce qui avait été mis en place afin de garantir une production de qualité :

Au niveau de la forme :

  • Un modèle Word uniforme est imposé pour la rédaction,
  • Le principe adopté au SNC de distinguer le commentaire de la spécification est repris et  poussé encore plus loin en décomposant chaque spécification en exigences élémentaires  comportant le moins d’ambigüité possible et numérotées dans le but de faciliter les échanges avec le fournisseur, les recettes et la gestion des modifications.
   SP/6/E 340 Pour tous les ouvrages (lignes et transformateurs), le SRC doit réaliser, de façon systématique, un calcul d’intensité à chaque extrémité disposant au moins d’une mesure de puissance active.

Figure 16 : exemple d’exigence du cahier des charges

     Dans l’exemple présenté ci-dessus :

  •  SP identifie le composant (ici le  « Système principal »),
  •  6 est le numéro du chapitre,
  • E réfère à une exigence de base (il pouvait y avoir des exigences en option repérées par la lettre O),
  • 340 est le numéro de l’exigence dans le chapitre. Les exigences étaient numérotées de 10 en 10, afin de permettre des adjonctions.

Au niveau de l’organisation :

  • Pour chaque domaine, les documents de référence en entrée sont définis ainsi qu’un double circuit de validation (interne au projet puis externe),
  Au niveau du contenu :
  • Les thèmes comme la configuration des données et l’administration des systèmes, sont traités avec la même profondeur que les traitements temps réel et spécifiés en fonction de l’état de l’art du moment,
  • Les exigences de dimensionnement, de performance et de disponibilité et les conditions dans lesquelles les tests seront menés sont finement spécifiées, l’objectif étant de s’assurer que le SRC gardera un fonctionnement nominal en toute circonstance y compris en cas d’incident réseau généralisé (1),
  • Les fournitures de toute nature (matériel, documentation, prestations) sont identifiées et quantifiées aussi bien pour le fournisseur que pour EDF,
  • Les exigences de management et de qualité sont élaborées d’après la norme ISO 9001 et le guide de conduite de projet du DCC. Un plan de déroulement décrit les phases du projet et les conditions de passage d’une phase à l’autre.
  • Des exigences de sécurité informatiques apparaissent visant à protéger le système contre les intrusions et à contrôler les intervenants.

La composition du cahier des charge envoyé au Soumissionnaires sera la suivante, composition qui sera d’ailleurs et on ne peut que s’en féliciter  reprise dans des projets ultérieurs :

  • CCTP exigences techniques
  • CCTP consistance et limites de fourniture
  • CCTP Dimensionnement, performances et sûreté des Systèmes
  • CCTP Configuration des données
  • CCTP Management, Qualité et Sécurité
  • CCTP Fonctionnement en mode actif/passif
  • CCTP Raccordement du SRC à Artère
  • CCTP Echanges avec l’extérieur
  • CCTP Fonctions d’administration
  • CCTP Contraintes
  • CCTP API fonctions avancées
  • CCTP Garantie
  • CCTP MCO
  • CCTP Réversibilité (en cas de reprise de la maintenance par un autre fournisseur)

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(1) Des déclenchements de ligne en cascade se traduisent par une avalanche de changements d’état de signalisations et par de grandes variations de mesure, ce qui sollicite fortement le SCADA. (recalcul de topologie, génération d’alarmes, rafraîchissement des images, etc.)

Protégé : essai image

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L’imagerie typique des SCADA électriques

L’image de poste (photo SRC)

 C’est l’image la plus classique. Elle représente pour un niveau de tension donné d’un site géographique donné :

  •  les jeux de barres, ainsi que les sectionnements de barres, les couplages et liaisons barres omnibus
  • les départs de type ligne, production hydraulique, production thermique, transformations.

Pour des raisons d’encombrement la représentation réelle triphasée a été simplifiée en une représentation unifilaire dont les principes ont été conservés depuis la première génération de dispatching jusqu’à l’actuelle.

Pour des raisons de clarté et d’efficacité dans la prise en compte des schémas électrique par les dispatchers, seules les principales téléinformations sont représentées (mesures en actif/réactif, tensions, organes de coupure et surcharges). Malgré les progrès technologiques des calculateurs et des écrans, le compromis entre le nombre d’informations présentes (et donc la diminution des appels d’images complémentaires), leurs lisibilité (taille des caractères), et leur prise en compte par les dispatchers, notamment dans les moments de stress (incident) a toujours été une contrainte qui a dû être prise en compte prioritairement à des innovations plus décoiffantes.

Les informations affichées peuvent être enrichies ou substituées par d’autres valeurs (ex : remplacement des valeurs temps réelles par les valeurs des seuils de surveillance, remplacement des valeurs temps réel par des valeurs du passé).
L’image poste est l’image préférentielle utilisée pour les actions opérateur (télécommande, masquages, définition de la surveillance).
L’image de zone est, en complément avec le tableau synoptique mural, celle qui permet d’avoir une vision élargie nécessaire à la surveillance globale du système électrique.
Alors que dans les tout premier systèmes (C90 40) l’accès aux postes se faisait principalement depuis une platine à bouton, de nombreuses améliorations ont été apportées à la logique de navigation entre images. Ces évolutions ont été effectuées pour permettre au dispatcher de passer aisément d’une image de zone à une image de poste (et réciproquement), d’atteindre l’image d’un poste extrémité d’un départ ligne ou transformateur, d’accéder à une image de poste depuis une alarme ou d’accéder directement à un poste à partir de listes déroulantes.
Depuis l’époque SIRC la génération de ces images est automatique. A noter que ce n’était pas toujours le cas chez les fournisseurs de SCADA.

L’image de cellule (photo SRC)

L’image de cellule représente un départ ligne, transformateur, centrale ou un couplage. Elle dispose d’une zone graphique et d’une zone alphanumérique, cette dernière permettant  de faire figurer l’état de toutes les télésignalisations qui la concernent. Ce type d’image est apparu dans le SRC pour faire face à l’augmentation importante du nombre de signalisations de surveillance rapatriées pour répondre au besoin de la télécommande et de la synthèse d’alarme :

  • Signalisations de défaut entrant dans les contrôles avant et pendant la télécommande,
  • Signalisations de défaut et d’automate pour l’élaboration des diagnostics de la synthèse d’alarme.

 L’image de cellule est essentiellement utilisée pour la télécommande et la surveillance des installations. La génération de ces images est automatique, ce qui est heureux vu leur nombre.

Image de zone (photo SNC)

Ce type d’image est apparu avec la 2° génération de système de dispatchings (SIRC/SYSDIC) Elle représente une portion du réseau pouvant comporter jusqu’à une vingtaine de postes. La représentation des postes est nodale : un rond représente l’ensemble des départs du poste électriquement reliés entre eux. Ainsi sur l’image, le poste de Distré 400 KV comporte un seul nœud alors que celui de Verger-Tabarderie 400 KV en comporte 2 (le couplage étant ouvert). Par ailleurs l’aspect des lignes dépend de leur état électrique :

  • En service (connecté aux deux extrémités) : rouge plein
  • Sous tension à vide (connecté à une seule extrémité) : pointillé blanc
  • Hors tension ( non connecté au réseau électrique) : tireté blanc

L’image de zone vient compléter la vision offerte par le synoptique  en offrant des possibilités de substitution et d’enrichissement.
L’image n’est pas générée automatiquement. Noter que tous les fournisseurs de SCADA ne proposaient  pas ce type d’image au début des années 2000.

Image de vallée (image SRC)

Elle présente sous forme symbolique les différents équipements hydroélectriques d’une vallée ou portion de vallée, voire d’un ensemble de vallées reliées entre elles.
On va donc y trouver les retenues, les centrales et les grandeurs s’y rattachant : côte ou volume des retenues, production des centrales, débits des cours d’eau. Ces images ont perdu une partie  de leur intérêt depuis la reprise de la gestion de la production hydraulique régionale par le(s) producteur(s).

L’écran d’alarme (image SRC)

La tradition à EDF est d’avoir un écran dédié à l’affichage des alarmes. Cet écran est divisé en deux zones de tailles inégales permettant d’afficher deux listes d’alarmes parmi 3 niveaux de gravité, de telle façon que la liste des alarmes les plus graves soit toujours affichée.
La couleur distingue les débuts des fins d’alarme.
Dans l’exemple ci-dessous, les alarmes de gravité 1 (les plus graves) sont affichées en zone basse et les alarmes de gravité 2 en zone haute.
Cet écran offre de multiples possibilités d’actions :

  • acquittement/effacement  individuel ou multiple d’alarmes,
  • pagination,
  • permutation des zones
  • affichage par thèmes.

Autres images…

 Cette liste d’images n’est pas exhaustive. On va également retrouver dans tout SCADA qui se respecte la possibilité d’afficher l’évolution de grandeurs sous forme de courbes et de tableaux, des affichages sous forme de listes (listes chronologiques, listes d’états) et enfin des images quelconques renseignées par des valeurs temps réels ou fixes (cf. exemple ci-dessous qui permet de récapituler les valeurs de consigne de tension des transformateurs d’une zone parisienne)

Les évolutions logicielles du SIRC

Le SIRC est resté pendant longtemps la solution privilégiée pour implanter une nouvelle fonction de conduite ou liée à la conduite :

 
  • Il disposait des téléinformations et des historiques,
  • L’équipe de maintenance avait su garder la maîtrise des logiciels,
  • La réalisation en interne permettait de se passer d’un appel d’offre et donc de gagner du temps.

La banalisation des stations de travail avec des IHM attractifs et la mise à disposition d’une solution de raccordement à ARTERE moins complexe, l’IGA (1) , ont orienté par la suite la réalisation des évolutions lourdes vers des systèmes individuels, éventuellement connectés au SIRC.

Parmi les principales évolutions réalisées, nous citerons :

La gestion de la tension

Les problèmes de tension dans l’ouest ont été la première source d’évolutions, l’incident du 12 janvier 1987  (2) constituant un électrochoc . Ont été développés successivement :

  • Un automate logiciel commandant le blocage des régleurs en charge : le réseau de chaque région était découpé en zones d’action. Dans chaque zone, l’automate surveillait des mesures de tension dites de référence. Sur franchissement à la baisse d’un seuil de tension des ordres de télécommande pour bloquer les régleurs des transformateurs THT/HT de la zone étaient envoyés. Après la mise en place des SAS  (3) , l’automate transmettait simultanément au SAS de la région un ordre de blocage des régleurs destiné aux transformateurs HTB/HTA de la zone. Initialement destiné au CIME OUEST, l’automate aura été déployé dans toutes les régions.
  • La commande centralisée des condensateurs et réactances (C3R). L’incident du 12 janvier 1987 avait montré la nécessité de renforcer les moyens de compensation d’énergie réactive dans l’ouest de la France. Un programme d’installation de batteries de condensateurs et de réactances avait donc été lancé. Les réflexions menées en parallèle sur la gestion de ce parc ont mis en évidence l’intérêt et la faisabilité de l’automatiser. L’automate de la C3R, implanté uniquement dans le SIRC de Nantes, fonctionnait comme suit : la région était découpée en zones. Une zone se définissait par un poste électrique dont la tension servait de référence (le point pilote) et par la liste des compensateurs de la zone. Une plage de fonctionnement acceptable de la tension du point pilote était également définie. L’automate surveillait la tension du point pilote et, dès que la tension sortait de sa plage de fonctionnement, il décidait de l’enclenchement ou du déclenchement d’un compensateur et envoyait la télécommande correspondante. Il réitérait l’opération tant que la tension était hors plage et jusqu’à épuisement des moyens de compensation.
  • Le Réglage Secondaire Coordonné de Tension (RSCT) : il est venu compléter, toujours pour la seule région Ouest, les réglages existant à savoir primaires et secondaires. Le principe restait le même. il s’agissait d’élaborer une commande de production de réactif à destination des groupes, mais contrairement au Réglage Secondaire de Tension, les commandes étaient individualisées pour tenir compte de l’influence effective de chaque groupe. Le système a été développé par EDF/DER et implanté dans une station de travail raccordée au SIRC via le protocole FTP. Le SIRC fournissait au RSCT les données nécessaires à son fonctionnement : télémesures, télésignalisations et topologie nodale du réseau.

L’hydraulique temps réel étendu.

Le SIRC dans sa version initiale comportait déjà une boite à outil dédiée à la gestion de l’hydraulique et permettant de calculer :

  • Les volumes d’eau stockés dans les retenues, à partir des côtes,
  • des débits à partir d’autres valeurs (débits, puissances d’usine, variation de volume, limnimètres (mesures de débits de façon quasi directe), pluviomètres (mesures de la hauteur de pluie tombée)),
  • Des puissances produites à partir des débits turbinés, de temps d’écoulement et éventuellement d’estimations d’apports intermédiaires.
  • Et, in fine, des agrégats non accessibles directement comme la puissance produite par les usines non télémesurées. comme le productible…

Les côtes et les débits pouvaient être surveillés par rapport à des seuils avec génération d’alarme en cas de dépassement.
L’objectif de l’évolution « Hydraulique temps réel étendu » était de mettre à disposition du dispatcheur :

  • Une fonction d’études permettant, à partir d’un programme de marche prévisionnel des centrales sur J+1, de simuler par pas ½ horaire le fonctionnement d’une vallée avec signalement des contraintes (déversement, manque d’eau, non respects de côtes imposées (tourisme, irrigation…)
  • Une fonction de modification et de validation des programmes prévisionnels,
  • Une surveillance temps réel au pas ½ horaire de l’exécution des programmes avec émission d’alarme en cas de détection de contrainte.

Le volume de développement étant conséquent, les informaticiens des régions hydrauliques ont été largement sollicités :

  •  Toulouse était chargé des modules d’IHM,
  •  Lyon était chargé du modèle de calcul d’influencement,
  •  L’équipe nationale de maintenance a pris en charge l’impact sur les ressources générales.

L’affaire est allée à son terme, mais le produit n’a pas eu la carrière qu’il méritait. Fonctionnellement, il répondait bien au besoin mais le modèle d’influencement était trop délicat à maintenir. La gestion des vallées sera finalement reprise en prévisionnel par le SGEP et en temps réel par les Postes Hydrauliques de Vallées de deuxième génération : les PHV2.

L’extension de la fonction télécommande ; le projet EXTEL

Le SIRC tel qu’il se présentait au début des années 1990 correspondait à l’étape 1 de la marche vers les Centres Régionaux de Conduite. Il intégrait bien les fonctions nécessaires pour la conduite du réseau et n’offrait qu’une fonction télécommande simplifiée, développée pour gérer des cas particuliers comme la commande des moyens de compensation ou des automates. L’abandon du projet CRC en 1993 changeât la donne. L’intérêt de développer une véritable fonction télécommande dans les SIRC s’est imposé. Cela a permis de valoriser les 950 MF (environ 140 M€) de travaux de filerie et d’apporter un gain notoire sur l’exploitation :

  • Par l’accélération des reprises de service après incident,
  • Par la possibilité de réaliser des manœuvres de nuit sans intervention du PCG,
  • Par la possibilité de réaliser des manœuvres pour de courtes périodes (passage d’un pic de consommation),
  • Par une meilleure sécurisation des manœuvres grâce à des contrôles logiciels.

Une étude d’impact sur le SIRC en confirmant la faisabilité, le projet a été lancé en 1995. Le volume de logiciel à développer ne réclamait pas à lui seul une organisation de type projet mais ce n’était que la partie visible de l’iceberg. L’insertion en exploitation de l’outil a représenté le plus gros travail. Il a en effet fallu :

  • Au niveau national adapter le Code de Conduite du Réseau de Transport (CCRT) au contexte EXTEL, mettre à jour la note Saumon, définir les contrôles à réaliser avant émission de l’ordre et la nature de ces contrôles (bloquant ou non bloquant),
  • Au niveau régional définir dans une convention le partage de l’activité de commande entre le Système et le Transport, identifier les postes télécommandables en fonction de l’état des fileries, replanifier les travaux de mise en conformité des fileries dans la perspective EXTEL.

Enfin chaque région aura eu à mener un important travail de configuration de la chaîne de téléconduite, SIRC compris, pour rapatrier au Dispatching les télésignalisations utilisées dans les contrôles télécommande.
Le projet s’est déroulé sans encombre. Nancy a de nouveau accepté d’être site pilote malgré l’expérience précédente qui avait montré toute la difficulté de la tâche et la charge en résultant. Fin 1998, le déploiement de l’outil était quasiment terminé. La montée en puissance de son utilisation s’est étalée sur plusieurs années, en lien avec la réfection des fileries.
Au final, EXTEL permettait de télécommander les organes de coupure et les automates depuis les images de poste. Avant émission de l’ordre, le logiciel effectuait systématiquement plusieurs types de contrôles qui pouvaient être bloquant ou non :

  • Contrôle de non manœuvre en charge pour les sectionneurs,
  • Contrôle sur l’état du matériel (basé sur la position de télésignalisations)
  • Contrôle sur l’environnement (exemple : blocage si une télécommande est déjà en cours dans le poste).

La synthèse d’alarme

Les résultats encourageants de l’expérimentation CRC au Dispatching de Normandie Paris et la perspective encore lointaine de remplacement des SIRC conduisirent RTE à décider d’implémenter dans les SIRC une synthèse d’alarme restreinte portant sur les cycles disjoncteurs. Elle a été développée conformément aux principes mis en œuvre dans le CRC :

  • rétention des alarmes suite à un fait initiateur pendant une durée fixe (typiquement 30s),
  • à la fin de la rétention, génération d’une alarme synthétique si un cycle a pu être identifié, sinon, génération des alarmes élémentaires.

Bien d’autres évolutions d’importance moindre furent développées dans le cadre de versions annuelles dont le contenu était défini par un Groupe de Coordination des Utilisateurs : le GCU.

 

Zone de bas de page

 ( 1) Interface Généralisée Artère : package permettant de connecter facilement une application au réseau ARTERE.

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(2)  La perte successive pour des raisons indépendantes des 4 groupes de production de la Centrale de Cordemais entraîne une baisse brutale de la tension. Les régleurs des transformateurs THT/HT et HTB/HTA, en tentant de rétablir une tension normale au secondaire de ces transformateurs aggravent le phénomène. Neuf autres groupes thermiques proches de la zone déclenchent également. Des délestages de consommation permettront de stabiliser la situation.

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(3) Système d’Alerte et de Sauvegarde : constitué d’un mini-ordinateur, il permet de transmettre depuis les dispatchings, des messages d’alerte, de sauvegarde, des signaux tarifaires et des ordres de délestage à destination de EDF Réseau de Distribution.

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