Le schéma directeur du RTS (1990)

Le schéma directeur du RTS en date d’avril 1990

Les conditions d’exploitation du réseau électrique de Production Transport font qu’en période normale, le trafic téléphonique nécessaire à son exploitation est faible. En revanche, en période d’incidents, les besoins de communications augmentent de façon importante et c’est à ce moment que le RTS est fondamental. Le dimensionnement du réseau (nombre de lignes par faisceau ou par abonné) doit donc être prévu pour qu’en période de crise, le taux de perte du réseau, c’est-à-dire la probabilité de ne pas obtenir la communication demandée, soit très faible voire nulle.

Les principales caractéristiques et innovations proposées

La suppression progressive des termineurs à bande étroite (bande phonie  limitée à 2000Hz au profit de termineurs à bande phonie large 300-2700Hz), permettent d’améliorer la qualité phonique et de transmettre des télécopies.

La structure hiérarchisée présente par rapport au RTS existant dans les années 1980 les avantages suivants:

  • meilleure concordance entre la conduite hiérarchisée du réseau électrique et la structure du RTS utilisée;
  • simplification et amélioration de la qualité et de la rapidité par une limitation du nombre de transits à deux autocommutateurs (trois liaisons au maximum) ;
  • diminution globale du nombre d’autocommutateurs, diminution du nombre de liaisons, simplification des acheminements et des déroutages, donc coût d’investissement et d’entretien inférieur.

Les principes de base de la structure du réseau schéma ci-dessous sont:

  • Hiérarchisation (classique dans tous les réseaux téléphoniques). Les niveaux 0, 1, 2, correspondent au « niveau haut », le niveau 3 correspond au « niveau bas» du vocabulaire couramment utilisé dans les textes du transport.
  • Possibilité d’acheminement des communications par 2 voies:
    • doublement des voies entre les niveaux supérieurs (0-1 et 1-2) ;
    • doublement du chemin possible (entre les niveaux 2-3 par déroutage);
    • doublement des autocommutateurs de niveau 0 et 1 (via les dispatchings de repli)
  • Un plan de numérotation à 4 chiffres qui donne plus de souplesse aux CRTT dans l’affectation des abonnés.
  • Une télégestion/télémesure centralisée crée au sein de chaque service télécommunication facilitant la surveillance et l’exploitation.

 

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Spécifications des autocommutateurs du RTS (1988)

Un cahier de spécifications destiné à la consultation est rédigé avec l’idée que les fournisseurs proposent un matériel, certes un peu spécifique, mais dérivé d’un autocommutateur privé existant. Il ne doit donc nécessiter qu’un minimum d’étude, certaines fonctions demandées étant déjà fournies dans les équipements du commerce.

La fonction des autocommutateurs du RTS est d’assurer le transit et le trafic local téléphonique sans blocage, donc sans étages de concentration d’abonnés (la concentration d’abonnés se fait sur des systèmes externes – autocommutateurs administratifs par exemple – connectés au RTS lorsque cette connexion est fonctionnellement admissible pour les utilisateurs concernés). Un éclairage particulier est mis sur les points suivants :

  • numérotation multifréquence à la norme Q23 avec possibilité de numérotation décimale;
  • plan de numérotation à 4 chiffres ou 3/5 ;
  • déroutage et double sélection (lorsqu’un appel, même dérouté n’aboutit pas, relance automatique de cet appel via un autre itinéraire) pour l’acheminement des communications;
  • deux plans de numérotation basculables dynamiquement;
  • tonalités normalisées 440 Hz et 1 900 Hz (en remplacement du 1 000 Hz) ;
  • interfonctionnement avec d’autres réseaux : réseau radio, réseau d’autocommutateurs privés ou réseaux de sécurité de pays étrangers, (exemple Laufenbourg en Suisse);
  • sélection directe à l’arrivée (SDA) virtuelle possible vers ces réseaux;
  • numérotation ouverte;
  • appel au décroché de numéros prédéterminés;
  • double appel, transfert;
  • conférence à trois;
  • priorités d’appel;
  • entrée en tiers à distance pour les abonnés prioritaires;
  • autotests, boucles de défauts, télémaintenance ;
  • télésurveillance et télégestion des paramètres fonctionnels (dispositifs de base permettant la mise en place d’une politique de surveillance de la qualité du réseau.

De plus pour les dispatchings, il est prévu que l’appel des principaux correspondants s’effectue par une manœuvre simple (un bouton) ou un ordre d’ordinateur, l’équipement local se chargeant du choix et de la procédure de numérotation.

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Le code multifréquence SOCOTEL

L’établissement et la fin des communications téléphoniques se font à l’aide d’échanges d’informations entre demandeur et demandé.

Rappel de terminologie

Signaux vers l’avant/vers l’arrière

On distingue les « signaux vers l’avant » qui vont du demandeur vers le demandé et les « signaux vers l’arrière » qui vont du demandé vers le demandeur.

Signaux dans bande/hors bande

Les signaux dans bande sont des signaux dont la bande passante est incluse dans la bande téléphonique, ce sont en général des signaux multifréquences semblables aux signaux DTMF utilisés par la signalisation d’abonné.
Les signaux hors bande sont des signaux comme la rupture ou le rétablissement du courant de boucle, l’inversion de polarité ou le changement d’état (impédance) de la ligne. C’est toujours le commutateur d’arrivé (distant) qui alimente la ligne par une tension continue U, et le commutateur de départ ferme la ligne sur une impédance R. Les signaux vers l’avant sont réalisés par changement de la valeur de R (f, F, o) donc du courant de boucle alors que les signaux vers l’arrière sont réalisés par inversion de la polarité de U.

Quel que soit le support ou le type de signalisations, les signaux sont transmis

  •  soit pendant des durées fixes bien déterminées,
  •  soit, il y a asservissement sur un accusé de réception.

Signaux de ligne/signaux d’enregistreurs

Les signaux de lignes sont les signaux relatifs à l’engagement de la jonction entre autocommutateurs comme, les signaux de prise, de libération, de supervision (réponse et raccrochage du demandé), et parfois certains signaux relatifs à l’état de la ligne du demandé. Les signaux de ligne sont le plus souvent transmis hors bande.
Les signaux d’enregistreur tiennent leurs noms de la technique de commutation électromécanique dans laquelle l’établissement d’un appel à travers un autocommutateur fait appel à un équipement appelé enregistreur capable de recevoir la numérotation. Les signaux d’enregistreurs comportent en général :

  • Des signaux de demande de chiffres
  • Des signaux de numérotation
  • Des signaux indiquant l’aboutissement de la tentative d’établissement d’appel.

Retour sur MF SOCOTEL

Les signalisations de ligne

Ce sont des codes à impulsion dont le tableau ci-dessous donne un exemple :

Signification des signaux

Durée (en ms) et sens de transmission

Prise

100

 

è

Réponse du demandé

100

 

ç

Raccrochage du demandé

                       100          233         100          233…..

 

                        ç                           ç

Rappel du demandé

100

 

è

Fin

500

 

è

Les signalisations d’enregistreurs

Elles sont du type multifréquences. Leur rôle est de communiquer au centre suivant la suite de la numérotation permettant de déterminer la suite du chemin jusqu’à l’abonné demandé.

Un signal enregistreur est constitué d’une combinaison de deux fréquences choisies parmi

  •  F0 = 700Hz,
  • F1 = 900Hz,
  • F2 = 1100Hz,
  • F4 = 1300Hz,
  • F7 = 1500Hz,

et une fréquence de contrôle Fc = 1900Hz servant d’accusé de réception.

A chaque combinaison de fréquence correspondent 3 significations différentes, a,b,c vers l’avant et A,B,C vers l’arrière.

Un signal reçu est interprété selon la catégorie courante, cette catégorie courante peut être modifiée par les commandes appropriées (cf tableaux 1 & 2 ci-dessous) ou par la logique du protocole.

C’est le centre d’arrivé qui envoie le premier signal, ce signal est toujours une information de code A. Les tableaux 1 et 2 ci-dessous illustrent la signification des signaux.

Les signaux sont transmis sous forme asservie, la fréquence de contrôle est émise comme accusé de réception à chaque signal reçu correctement. L’exploitation de la signalisation se fait de bout en bout : dans ce mode d’exploitation, l’autocommutateur de départ transmet successivement à chaque centre de transit, les seules informations qui lui sont nécessaires pour effectuer la sélection d’une jonction sortante. Une fois cette sélection effectuée, ce commutateur de transit passe en position de conversation (transparent), et l’autocommutateur de départ continue la signalisation avec le centre situé en aval du centre de transit déjà « traité ».

 

Ce protocole d’échange permet avec les dix possibilités offertes par la combinaison deux à deux des fréquences de référence de dépasser la simple transmission de numéros décimaux.

 Tableau des Codes de signaux d’enregistreurs – Signaux en arrière

Combinaison2 parmi 5 CODE Acode de sélection  CODE Bétat du demandé (Ddé)  CODE Cidentification du Demandeur (Ddr) 
f0 + f1 A1 : envoyez le signal d’accès et les 2 ou 4 premiers chiffres B1 : Ddé libre avec taxation C1 : Envoyez la catégorie du Ddr et 4 premiers chiffres de son numéro national (ABPQ)
f0 + f2 A2 : envoyez les derniers chiffres B2 : Ddé libre sans taxation C2 : envoyez les4 derniers chiffres du Ddr (MCDU)
f1 + f2 A3 : passage au code B B3 : Ddé coupé C3 : passage au code B
f0 + f4 A4 : passage au code C B4 : passage en conversation C4 : passage au code A
f1 + f4 A5 : envoyez la catégorie du demandeur B5 C5
f2 + f4 A6 : Transit normal B6 C6
f0 + f7 A7 B7 C7
f1 + f7 A8 B8 C8
f2 + f7 A9 : encombrement B9 C9
f4 + f7 A0 B0 : abonné absent C0

Tableau des Codes de signaux d’enregistreurs – Signaux en avant

Combinaison2 parmi 5 Code d’accès(informations préliminaires) Code numérique Code des catégories de l’abonné demandeur
f0 + f1 a1 : régional b1 : « 1 » c1 : abonné à cadran
f0 + f2 a2 b2 : « 2 » c2 : abonné à cadran avec justification de compte
f1 + f2 a3 : national b3 : « 3 » c3 : abonné absent
f0 + f4 a4 b4 : « 4 » c4 : abonné « non identifiable »
f1 + f4 a5 : appel à 2 chiffres b5 : « 5 » c5
f2 + f4 a6 b6 : « 6 » c6 : abonné à clavier
f0 + f7 a7 b7 : « 7 » c7 : abonné à clavier avec justification de compte
f1 + f7 a8 b8 : « 8 » c8 : passage en code supplémentaire de catégorie
f2 + f7 a9 b9 : « 9 » c9 : cabine de nuit
f4 + f7 a0 b0 : « 0 » c0 : opératrice

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Les installations terminales dans les postes et usines

Dans les postes importants l’homme de quart dispose d’un pupitre lui permettant de transférer par manœuvre de clefs, des communications du RTS et des PTT, au personnel du site. Ce pupitre est appelé semi-autocommutateur parce que la communication transférée par le tableautiste se libère automatiquement au raccroché.
Sont raccordés sur ce pupitre un ou deux numéros RTS, une ligne PTT et des lignes intérieures de desserte des locaux et bureaux. Naturellement, conformément aux obligations des PTT, la séparation physique du matériel des deux réseaux est appliquée et la mise en relation d’une ligne PTT et d’une ligne RTS est impossible.

Ces semi-autocommutateurs disparaîtront progressivement avec la suppression des services de quart et seront alors remplacés par des autocommutateurs privés du marché dans lesquels la séparation des réseaux a été réalisée.

Par ailleurs, le chef de poste ou d’usine dispose généralement dans son bureau d’un numéro RTS particulier raccordé sur un poste simple et la salle télécommunication dispose d’un numéro, se terminant en principe par zéro et destiné aux essais.

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Normalisation du raccordement entre Equipement de liaison, Autocommutateur et Pupitre Dispatching.

le raccordement entre Equipement de liaison, Autocommutateur et Pupitre Dispatching est décrit dans le schéma ci-dessous :

Onze fils sont nécessaires non compris les fils d’alimentation 24 ou 48 V continu. Les fils sont les suivants :

  • AB, Circuit de conversation en deux fils, Réception dans le cas de transit en quatre fils;
  •  CD, Émission, Attaque de la modulation en quatre fils;
  •  E (comme émission), Fil de prise de l’armoire depuis l’autocommutateur et fil de commande de la numérotation au départ;
  •  R (comme réception), Fil de prise de l’autocommutateur depuis l’Équipement de liaison et numérotation à l’arrivée;
  •  M (comme métallique), Fil de commande du passage deux fils en quatre fils dans l’Équipement de liaison (cas de transit);
  •  TC (comme terre de contrôle), Fil de marquage de l’indisponibilité de la liaison sur l’autocommutateur;
  •  OC,  Allumage des lampes d’occupation;
  •  AI (comme appel individuel), permet l’identification de la ligne en appel sur un pupitre de dispatching;
  •  AL (comme alarme), Marque un dérangement sur l’armoire (fusible ou autres).

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Plan de numérotation du RTS

Le plan de numérotation adopté est le suivant :

Les 7 centaines suivantes 2xx, 3xx, 4xx, 5xx, 6xx, 7xx, 8xx peuvent être utilisées librement dans chaque région à l’exception de 16 dizaines ( 2 dizaines par région) qui ne sont utilisés qu’une seule fois en France ce qui permet de les appeler directement à 3 chiffres de tout poste français, (Numéros préférentiels.)

Les centaines 1xx et 9xx sont réservées à des usages particuliers:

  • Pour des préfixes à 2 chiffres choisis entre 10 à 19 et 90 à 95 afin de pouvoir changer de région (un couple de préfixes est réservé pour accéder à chacune d’elle). Dans la pratique cela conduit à composer 5 chiffres pour atteindre un numéro dépendant d’une autre région.
  • Pour des préfixes à 2 chiffres 96 et 97 qui sont utilisés pour des itinéraires spéciaux à l’intérieur d’une région ou pour donner accès au réseau de sécurité d’un pays étranger voisin.
  • Pour des numéros à 3 chiffres 980 à 989 et 990 à 999 sélectionnés dans chaque autocommutateur afin de permettre à l’utilisateur d’imposer la prise d’une liaison prédéterminée dans chaque autocommutateur. (Prise à l’unité.).
  • La centaine 0 est laissée à disposition de chaque région pour établir des itinéraires de détournement, elle sera utilisée progressivement pour des applications particulières, comme la création de numéros à accessibilité restreinte …

Chaque région qui constitue un ensemble de numérotation homogène dispose donc  théoriquement de 540 numéros (700 moins les 160 numéros préférentiels pré-affectés), en fait, un peu moins pour 2 motifs:

  • Pour faciliter l’appel de postes situés en frontière dans une autre région, et éviter d’avoir à composer un numéro à 5 chiffres, les numéros correspondants ne peuvent donc pas être réutilisés dans la région;
  • Pour permettre la maintenance et les essais du réseau. Pratiquement tous les numéros se terminant par 0 sont réservés au service télécommunications pour ses tests et essais. Ainsi, toutes les salles télécommunications équipées d’un autocommutateur du RTS possèdent un numéro.

Il est prévu, en principe, 2 dizaines réservées aux Centres des mouvements d’énergie et au centre du Transport, une dizaine ou une demi-dizaine pour les postes importants ou les sièges d’exploitation, un ou deux numéros pour les petits postes et usines et les services Techniques des centres de Distribution qui exploitent une partie du réseau HT à 63 kV.

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Les difficultés pour téléphoner dans les années 1960

Maintenant que quasiment tout le monde dispose d’un portable et s’irrite lorsque la réception n’est pas parfaite ou qu’une coupure malencontreuse survient, il est bon de se rappeler ce qu’était le téléphone il y a une cinquantaine d’année.

Jusqu’à la disparition du CRTT Massif Central, le trafic du siège de Saint-Étienne avec son sous-groupe de Limoges a été très difficile par le réseau téléphonique PTT. Les délais d’attente pour avoir la communication dépassaient souvent l’heure et lorsque l’on avait la chance de l’obtenir, notre optimiste était aussi douché par la standardiste PTT qui annonçait,  sur un ton pas toujours agréable,  « vous avez Limoges pour 6 minutes ».

Comme illustration des difficultés du téléphone, on peut aussi revoir le sketch de Fernand Reynaud le 22 à Asnières. Il est à noter que, pour les plus jeunes d’entre nous, avant l' »automatique » on entrait en correspondance avec une personne des PTT à qui l’on donnait le numéro de poste que l’on souhaitait obtenir, le xx dans telle commune (le 22 dans la commune d’Asnières, dans le cas du présent sketch). Le relationnel, quelque fois délicat, avec le personnel des PTT a aussi été mis en évidence dans le sketch le télégramme interprété par Yves Montand

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Annecdote sur le relevé systèmatique de mesures

Après guerre, les valeurs de la tension barres du poste de Vénissieux sont transmises toutes les heures par téléphone au dispatching de Lyon.

Certaines valeurs sont manifestement trop élevées, mais la vérification du capteur et du transformateur de tension ne révèle pas d’anomalie.

Jeune ingénieur arrivé au service exploitation, il m’est demandé de trouver l’origine du défaut. Je pars donc à bicyclette (nous sommes en 1948) à Vénissieux et constate qu’un tableautiste confond parfois le chiffre de la tension barres (environ 220 kV) avec celui de la tension de la batterie du poste (de l’ordre de 220 à 240 volts).

Ce fut, si l’on peut dire, une intervention sur une télémesure parlante!

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